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Il y a un Clemenceau à Aulnay, il
s'appelle le Comptoir des Minéraux et Matières
Premières (CMMP)

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Pierre à l'école en
1953
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la nouvelle cour mitoyenne de
l'école en 2007
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En 1995, Pierre Léonard tombe malade et
le pneumologue diagnostique un mésothéliome
(cancer de l'amiante). Dès lors, sa sur et
son beau-frère vont mener une enquête
minutieuse acharnée afin de comprendre le pourquoi
de la chose et remonter au responsable de la maladie.
Cette enquête les mène devant l'usine qui
broyait de l'amiante à peu de distance de leur
domicile et de l'école. Ce dossier a
été ouvert en 1995 et l'est toujours
aujourd'hui en 2007.
L'ELEMENT DECLENCHEUR
La lettre écrite par la sur de
Pierre à la Mairie et à la
Préfecture pour savoir ce que faisait cette usine
CMMP et la motivation sur la recherche de la
vérité envers et contre tout pour
comprendre.
LES RECHERCHES
La mémoire revient aux anciens du quartier que
Nicole questionne et où habite la victime qui
décède en Juin 1996 : " l'usine au bout de
la rue, c'est le CMMP (Comptoir des Minéraux et
Matières Premières) on l'appelait
l'usine d'amiante ". Gérard et Nicole se
heurtent dès le début de leurs recherches
aux autorités lorsqu'ils demandent ce que
fabriquait l'usine. La Mairie, qui possède
pourtant un dossier sans équivoque, noie le
poisson " elle fabriquait du silice et de l'oxyde de fer
". La Préfecture, au dossier non moins
révélateur, prétendra que l'usine
n'a traité l'amiante bleu (le plus toxique)
qu'avant guerre et que cette production n'a pas
repris depuis. Le couple est persuadé qu'on ne lui
dit pas la vérité, il y a en mairie un plan
d'atelier d'amiante datant de 1968, vu par chance et avec
un peu de ruse, et une première consultation du
volumineux dossier en préfecture (interdiction de
photocopier les pièces) laisse entrevoir une
production d'amiante jusque dans les année 1970.
L'Inspection du Travail perd le dossier (il sera
retrouvé plus tard par la police judiciaire).
Nicole et Gérard persévèrent,
à deux la réflexion est plus
féconde, inventive et ils sont soutenus,
encouragés par Ban Asbestos France
(1) puis par l'Andéva
(2) qui se crée en 1996.
Forte de ces premières informations, la famille
porte plainte en justice, une
pré-enquête est ouverte en 1997. Le couple
poursuit ses recherches aux archives municipales et
départementales, puis en 2000, après 5
ans d'enquête, il obtient enfin l'autorisation
auprès de la CADA (3) de
consulter librement les dossiers, réunissant 350
photocopies et reconstituant toute l'affaire.
(1) Ban Asbestos France (bannir
l'amiante) 
(2) Association Nationale de
Défense des Victimes de l'Amiante
(3)Commission d'Accès aux
Documents Administratifs
L'HISTORIQUE DE LA POLLUTION
Le CMMP installe son usine de broyage de
minéraux à Aulnay, en plein centre
ville, en 1938. Cette usine est classée "
insalubre et dangereuse ". Pourtant les
autorités vont donner leur accord. Elles
savent le caractère mortifère de l'amiante
: dès 1906, la revue des inspecteurs du travail
relate l'hécatombe dans une usine de textile
amiante en Normandie qui fait 50 morts en 5 ans parmi les
ouvriers. Début des années 1930, la revue
des médecins du travail sort une étude
complète sur l'asbestose. Malgré cela,
malgré l'opposition des riverains (102
signatures lors de l'enquête publique) et
l'école de 600 élèves à 50
mètres de là, l'arrêté
d'ouverture sera accordé précisant
toutefois que " les ateliers devront être
parfaitement étanches de manière
à ce qu'aucune poussière ne puisse s'en
échapper, ni par les ouvertures, ni par les
interstices existant dans les murs ou toiture ". Ces
dispositions ne seront jamais respectées,
les bâtiments de tôles et de briques toujours
en place aujourd'hui n'ont jamais eu aucune
étanchéité, les poussières
s'en échapperont d'autant plus abondantes que les
conditions de travail à l'intérieur sont
moyennageuses : l'amiante est jeté dans les
trémis et récupéré en farine
dans des sacs ; toutes ces opérations sont
manuelles et réalisées sans aucune
protection par une main d'oeuvre nord-africaine d'autant
plus docile qu'on est en pleine guerre d'Algérie.
Le tournevers est important. Un témoin survivant
de cet enfer blanc parle : "à plus de 6
mètres on ne se reconnaissait pas entre
collègues tant le brouillard de poussière
était épais".
LES PLAINTES DES RIVERAINS SERONT
PERMANENTES
Elles ne cesseront qu'avec la fermeture en 1991.
Quelques exemples :
En 1955-56-57, l'inspecteur municipal de
salubrité rend des rapports accablants " les
poussières provenant de cette usine se
répandent sur les légumes du
maraîcher et le cimetière voisin ",
malgré ses interventions " les ateliers
travaillent constamment portes ouvertes ... "
En 1959, les élus locaux qui sont
très au fait des dangers de l'amiante, multiplient
les interventions en Préfecture sans obtenir le
moindre résultat malgré l'enquête
d'une commission d'hygiène municipale
dirigée par le médecin communal qui fait
état des poussières sur le voisinage,
commerces, jardins, etc ... et souligne les risques
d'asbestose pour la santé publique.
L'industriel poursuit sa pollution en toute
impunité.
En 1962, les bâtiments sont
éventrés à la suite d'un important
incendie mais la production n'est pas interrompue pour
autant. Un cercle vicieux s'instaure : pollution =
plaintes = contrôles sans suite = pollution de plus
belle = nouvelles plaintes, etc ...
En 1968 : " avis de tolérance " de la
Préfecture.
En 1970 : " le fonctionnement de l'usine est
acceptable ".
En 1971 : pétition des parents
d'élèves " retombées nocives de
poussières sur l'école, nombreux cas de
conjonctivites, laryngites, pharyngites chez les enfants
... "
En 1972-73-74 : les pétitions continuent
" poussières à l'intérieur des
maisons situées à 160 mètres, 3
millimètres de poussière sur les tombes du
cimetière ".
En 1977 : l'inspecteur au cours d'un
énième contrôle admet " une fine
poussière répandue sur les toitures des
pavillons environnants "
En 1986 : le CMMP manipule toujours de
l'amiante dans son usine d'Aulnay, ventant ses produits
dans l'annuaire de la chimie.
LES RAPPORTS AVEC LES AUTORITES : UNE LONGUE
MARCHE
En 2000 - la bataille devient collective

La plainte de la famille est acceptée, un
juge d'instruction est nommé, les
médias s'intéressent à l'affaire
(presse, télévision, radio). Nicole et
Gérard organisent avec ADDEVA 93 (Association
Départementale de Défense des Victimes de
l'Amiante de Seine-Saint-Denis) une réunion
publique, persuadés qu'il y a d'autres victimes.
Nous espérions quelques personnes autour d'une
table mais c'est plus de 100 riverains qui se pressent
dans la petite salle du quartier. Les malades se font
connaître et témoignent d'exposition de
30-40, voire 50 ans auparavant. Les questions fusent,
l'émotion est grande.
Premières permanences, premiers dossiers en
vue d'indemnisation et plaintes en justice.
L'ancienne usine fermée depuis 1991 n'a pas
été dépolluée et est
ouverte aux quatre vents, les enfants en ont fait leur
terrain de jeux.
La Préfecture qui nie le danger depuis 1996 se
décide à demander une étude de
recherche d'amiante.
Dès 1998, la famille Voide/Léonard avait
alerté le Ministre de la Santé qui avait
promis une étude de prévalence des maladies
autour de l'usine ; aucune suite n'y a été
donnée.
En 2000, elle remet un dossier à la DGS
(Direction Générale de la Santé)
qui ne parviendra jamais à la DDASS (Direction
Départementale d'Action Sanitaire et Sociale).
En 2001 - Création d'un collectif de
riverains et victimes du CMMP de 60 adhérents

Accompagné de responsables d'ADDEVA 93, d'une
victime et de la directrice de l'école maternelle,
entrevue en Préfecture. Trois fiches
techniques sont remises demandant :
1. La fermeture du site industriel, le
colmatage des plaques d'amiante-ciment de la toiture
dégradées et menaçant la cour de
l'école maternelle désormais mitoyenne.
2. les études complémentaires de
pollution, l'analyse des poussières, le
carottage du sous-sol à l'emplacement des
broyeurs, la recherche des anciennes fosses, le plan de
prévention de retrait d'amiante, la
déconstruction en toute
sécurité.
3. l'étude de prévalence des
maladies de l'amiante autour de l'ancienne usine.
La famille découvre grâce à des
médecins locaux un taux anormal de
mésothéliomes dans le quartier, contact la
DDASS (Direction Départementale d'Action Sanitaire
et Sociale). Un groupe de travail est
prévu.
En 2002 - le Collectif des Riverains et
Victimes du CMMP compte 70 adhérents
Le site industriel est enfin clos mais pas
d'étude de pollution et le groupe de travail de la
DDASS est mort-né. Nouvelle réunion en
Préfecture, houleuse, très tendue. Les
Associations sont priées d'apporter la preuve du
danger et des maladies alors que, déjà, 30
cas sont recensés.
En 2003 - le Collectif des Riverains et
Victimes du CMMP compte 90 adhérents
La famille s'invite au CDH (Comité
Départemental d'Hygiène) dans lequel le
Préfet a convoqué le pollueur mais pas les
représentants des victimes.
L'arrêté préfectoral
reconnaît enfin la présence d'amiante dans
le site et la nécessité d'un
désamiantage et d'une démolition
contrôlée.
47 malades sont recensés.
Discussion difficile avec la DDASS et l'InVS (Institut
National de Veille Sanitaire). 19 dossiers complets de
malades leur sont remis. Une pseudo-étude est
envisagée, sans aller sur le terrain. Les
Associations refusent d'être
instrumentalisées.
En Juin, un permis de démolir est
déposé. Les Associations organisent une
nouvelle réunion publique. Le permis sera
gelé, le Maire s'engage devant 100 personnes
à ne pas le signer sans consultation
préalable des Associations. Cette promesse ne sera
malheureusement pas tenue car le Maire signera en
Août 2006. Au cours de cette réunion de
riverains une motion réclame à nouveau un
plan de désamiantage/déconstruction. Les
parents d'élèves ont récolté
300 signatures.
En 2004 - Création d'un collectif
regroupant 6 Associations :
     
Collectif des Riverains et Victimes du
CMMP (150 adhérents) - Ban Asbestos France -
Association Départementale de Défense des
Victimes de l'Amiante du 93 - Parents
d'élèves FCPE - Parents
d'élèves LIPE - Aulnay
Environnement
Le collectif organise une nouvelle réunion
publique car le Préfet a refusé de
transmettre l'importante étude de recherche
d'amiante sur le site, étude
réalisée par un cabinet, le CDB, à
la demande du nouveau propriétaire, un promoteur
immobilier.
L'auteur de l'étude participe à la
réunion et explique :
- la poussière d'amiante est partout
- elle provient avant tout de l'ancienne
activité de broyage
- La nécessité d'un chantier de
désamiantage sous confinement (bulle autour des
bâtiments)
- La nécessité de mesures d'urgence dites
" conservatoires " devant le danger que représente
notamment la chute de plaques du toit dans la cour de
l'école maternelle et la libération des
fibres d'amiante dans l'atmosphère
- L'étude sera confirmée par un
deuxième expert.
Un troisième expert, contre toute
évidence, ne verra :
Nouvelle motion des Associations réclamant au
Préfet :
- Toute l'information
- L'ouverture de la discussion
- La prise d'urgence des mesures conservatoires contre
le danger potentiel de chutes des plaques du toit
- L'étude de prévalence des maladies de
l'amiante autour de l'usine.
On dénombre alors 50 malades dont 27
décès.
Le Préfet met son véto à la
poursuite des discussions avec les autorités
sanitaires.
En fin d'année, le " Comité Local de
Surveillance " du site présidé par le
Maire (et réclamé depuis 2003) est enfin en
place. Il permettra surtout aux Associations d'avoir
accès aux principales
informations.
25 plaintes sont déposées en
justice au pénal. Cette procédure
traîne depuis 10 ans. Si la justice est quelquefois
expéditive pour des faits mineurs, il n'en est pas
de même lorsqu'il s'agit d'inquiéter les
industriels de l'amiante responsables d'une catastrophe
sanitaire.
Les victimes ont le sentiment de deux poids, deux
mesures.
En 2005 - Le Collectif des Riverains et
Victimes du CMMP compte 180 adhérents.
Les Associations organisent, le 16 Avril, une
manifestation devant l'immobilisme de la
Préfecture. Un cortège digne, silencieux,
défile dans la ville : " l'amiante ne doit plus
tuer à Aulnay ", " désamianter sans
délai l'usine CMMP ", " plus jamais ça ", "
la santé de nos enfants n'est pas à vendre
", " justice pour les victimes ", " Monsieur le
Préfet réveillez-vous ", "le CMMP a
violé la loi protégeant les ouvriers des
poussières industrielles ", " le CMMP a
violé l'autorisation d'ouverture qui imposait le
travail dans des locux parfaitement étanches "
:
Les noms des victimes sont égrenés
un à un, leurs prénoms accrochés
à la grille de l'usine :
Les parents d'élèves ont recueilli
400 nouvelles signatures réclamant notamment les
mesures conservatoires de protection d'urgence,
les bâtiments délabrés
menaçant les enfants des écoles
mitoyennes.
Petite manuvre mesquine : la Préfecture
convoque une réunion 2 jours avant la
manifestation ; elle se déroulera sans les
associations tout à leurs préparatifs.
Après la manifestation, le dialogue avec les
autorités est repris. Deux réunions ont
lieu en sous-Préfecture en Mai et Juin.
La CIRE (Cellule Régionale
d'Epidémiologie) promet une véritable
étude, cette fois sur le terrain, de l'impact de
la pollution à l'amiante sur la population du
quartier.
L'ancien industriel doit produire une étude de
désamiantage-déconstruction mais
parallèlement introduit deux actions en justice
pour éviter de payer la facture
évaluée à 2 millions d'euros.
La Préfecture refuse toutes mesures
d'urgence dites " conservatoires ". Néanmoins,
rendez-vous est pris pour la rentrée ; il n'aura
pas lieu et un long silence s'installera.
En 2006 - Organisation d'une
réunion publique/conférence de
presse/manifestation le 21 Janvier devant le
silence du Préfet.
Réunion en préfecture fin
Février où est exposé le plan de
l'ex-propriétaire de l'usine, plan de
démolition à ciel ouvert après un
simple dépoussiérage partiel.
Opération à haut risque ne garantissant
aucune sécurité pour la population et les
travailleurs. Il n'est pas prévu de
déménager les écoles mitoyennes. Le
pari est pris que tout sera réalisé durant
les vacances scolaires d'été.
Les réponses aux objections des Associations se
perdent dans le flou. On est prié de faire
confiance au professionnalisme des intervenants !
Pour se sortir de l'impasse, le représentant du
Préfet promet une étude comparative entre
le projet à ciel ouvert de " COTEBA " maître
d'uvre du CMMP, et le chantier sous confinement
étanche extérieur " sous bulle "
demandé par les Associations.
Rendez-vous est pris début Avril ; il n'aura
pas lieu, le CMMP et son maître d'uvre Coteba
refuseront de faire cette étude. Le Préfet
ne les y contraindra pas.
Le 16 Mars, les Associations tiennent une
conférence de presse avec le concourt du
Conseil Général du 93 exposant la
nécessité d'un chantier
confiné. Il y a assez de victimes (60 malades
recensés dont 30 morts) sans en rajouter de
nouvelles par une démolition à ciel ouvert
de murs, charpentes et toiture imbibés
d'amiante.
Le 21 Mars, les Associations obtiennent de
participer à l'expertise en justice et
apportent de nombreuses informations que les experts
ignorent. Ils tiennent leur informations d'anciens
documents du CMMP pollueur et des autorités qui
n'ont pratiquement plus de dossiers, ceux-ci ayant
été saisis par la police dans le cadre de
l'instruction en justice pénale !
Seules, les Associations possèdent un dossier
presque complet, résultat de 5 ans d'enquête
personnelle suite à la mort de Pierre
Léonard. Aussi, elles fourniront informations,
plans et documents à tous les services officiels :
Préfecture, Mairie, STIIIC, IT, DDASS, CRAMIF,
BRGM, ADEME, InVS, CIRE, (*) etc
(*) (1) STIIIC : Service Inter
Départemental d'Inspection des Installations
Classées)
(2) IT : Inspection du
Travail
(3) DDASS : Direction
Départementale d'Action Sanitaire et
Sociale
(4) CRAMIF : Caisse Régionale
d'Assurance Maladie d'Ile de France
(5) BRGM : Bureau de Recherche
Géologique et Minières
(6) ADEME : Agence de l'Environnement
et de la Maîtrise de l'Energie
(7) InVS : Institut National de Veille
Sanitaire
(8) CIRE : Cellule Inter
Régional d'Epidémiologie
Elles resteront à l'initiative et vigilantes
:
En Mai, des plaques d'amiante-ciment tombent
du toit ; par bonheur dans la rue et non dans la cour
de l'école maternelle.
Les Associations interpellent les autorités
(Maire et Préfet).
En Juin, elles prennent 49
photos édifiantes sur l'état de
désagrégation du toit. Un exemple :
En Juillet et Août :
Préfet et Maire décident dans la
précipitation de déménager les 2
écoles mitoyennes de l'usine pour la
rentrée sans aucune concertation avec les parents
d'élèves qui la réclamaient depuis
longtemps :
1) Première raison : ils ne peuvent plus
nier le danger, leur responsabilité est
engagée
2) Deuxième raison : après un an
d'étude, la CIRE confirme officiellement le lien
entre la pollution due à l'usine et l'apparition
de maladies dues à l'amiante chez les personnes
ayant habité ou habitant toujours autour et les
anciens travailleurs. C'est une véritable
catastrophe sanitaire à retardement qui s'annonce.
On dénombre 70 malades dont 34 décès
et 16 mésothéliomes
En Octobre : des matelas d'amiante chrysotile
contenant une bourre d'amiante amosite (le plus
toxique) sont découverts par Henri Pezerat, notre
toxicologue, en façade quasiment à
portée de mains. Aucune des 13 expertises ne les
avaient repérés auparavant ! :
A la suite, COTEBA, le maître d'uvre,
découvre un flocage d'amiante amosite
proche des matelas.
Les 30 et 31 Octobre, CMMP et COTEBA
décident le début des travaux, sans
attendre la fin des discussions et l'avis de l'Inspection
du Travail et de la CRAMIF.
L'intervention immédiate des riverains fait
arrêter le chantier par l'Inspecteur du Travail
et obligent à des sondages dans le sol et des
mesures d'empoussièrement dans l'air qui
révèlent dès les premiers coups de
pelle que le sol est truffé d'amiante :
COTEBA avoue même sa surprise de "retrouver de
l'amiante sur et sous le sol de la cour lessivée
par la pluie depuis la fermeture il y a 25 ans".
C'en est trop ! Un réseau de vigilance se
met en place afin de surveiller le futur chantier et
mobiliser en cas d'alerte.
Le plan de retrait Amiante est
déposé, conforme au projet COTEBA le
maître d'uvre du CMMP.
Octobre/Décembre : deux réunions avec
l'Inspection du Travail et la CRAMIF qui sont heureuses
d'accueillir les documents qu'ils ne possédaient
pas dans leurs dossiers !.
Les Associations sont reconnues comme " sachant ". On
nous écoute attentivement mais le dialogue n'a pas
lieu : devoir de réserve oblige !
Le 1 Décembre : réunion en
Préfecture, le projet COTEBA de
désamiantage partiel et démolition à
ciel ouvert est accepté par tous les officiels
avec la caution du Ministère de l'Environnement
!
__________________________________________
EVOLUTION DE LA SITUATION EN 2007 :
La lutte est menée par un collectif de six
associations, locales ou nationales, avec un large
soutien de toute la population.
L'étude de la CIRE (Cellule
Interrégionale d'Epidémiologie) obtenue de
haute lutte, confirmant officiellement la pollution
par l'amiante due à l'ancienne production de l'usine
CMMP, est bloquée en Préfecture. Pour les
Associations, l'étude n'est pas une fin en soit mais
un début. Il s'agit maintenant de diligenter une
étude plus vaste :
- Recherche active des personnes
contaminées
- Signalement des nouveaux cas par les
médecins
- Suivi médical des riverains qui le
souhaitent
- Information à la population des risques pour
la santé
L'expertise du site, par décision de
justice, est close. Les Associations ont obtenu la
reconnaissance :
- de la présence de poussière
d'amiante dans tous les bâtiments et non pas
dans le seul atelier d'amiante (thèse officielle
de départ).
- de la présence de la poussière en
quantité dangereuse, de 1 900 000 à 5
600 000 fibres par cm2 sur les charpentes.
- de l'existence de tous les types d'amiante sur
le site, prouvant leur origine dans l'ancienne
activité de broyage, ce que contestait le
CMMP.
Mais, en opposition à la loi, les experts
acceptent les travaux à ciel ouvert et le
désamiantage partiel à sec avec aspirateur
!
Quant aux Associations, elles ont fait bloquer le
chantier.
L'ex-propriétaire CMMP, qui a mandaté
l'entreprise COTEBA comme maître d'uvre pour
défendre ses intérêts, s'obstine, pour
des raisons financières évidentes, à
défendre l'idée d'un simple retrait d'amiante
non friable à sec, sans confinement total du chantier
et une démolition à ciel ouvert ; alors que
les Associations réclament la simple application de
la réglementation qui est celle concernant
l'amiante friable. Comme si la poussière
n'était pas un matériau friable ("
susceptible d'émettre des fibres d'amiante sous
l'effet de chocs, vibrations ou mouvements d'air ", article
1 de l'arrêté du 14 Mai 1996) !
Quant à la Préfecture et aux pouvoirs
publics, ils cherchent à faire appel à toute
une série d'institutions et d'administrations pour
tenter de justifier la position de l'ex-propriétaire.
Manifestement, sachant que l'Etat aura à sa charge le
désamiantage de toute une série de " sites
orphelins " sur des friches industrielles, là
où les propriétaires ont disparu ou sont
insolvables, ils privilégient les solutions les
moins onéreuses au détriment de la
santé des intervenants et des
riverains.
Le 20 Juin 2007, s'est tenue une réunion publique
des riverains du CMMP au cours de laquelle a
été votée une motion adressée au
Maire d'Aulnay-Sous-Bois et au Préfet du 93
(ici).
Suite à cette réunion, nous avons
noté avec satisfaction le changement de position de
la Mairie qui, dans son voeu du Conseil Municipal du 28
Juin 2007, demande maintenant : "le respect de la
loi et de l'intégralité des textes
régissant la dépollution des sites
amiantés congenant de l'amiante friable
..."
Restait à savoir ce que décideraient les
juges cet été. Le jugement du Tribunal
Administratif de Cergy Pontoise rendu le 4 Juillet 2007
établit définitivement que le
désamiantage de la totalité du site est
à la charge de l'ancien industriel CMMP, la
démolition des bâtiments incombant au nouveau
propriétaire Kapa immobilier (voir le
communiqué de presse des Associations du 10 juillet
2007). Mais il approuve le plan Cotéba de
démolition à ciel ouvert.
Ce jugement laisse donc entière
la question de la méthodologie du chantier de
désamiantage : il est impossible de
désamianter puis ensuite démolir. Il ne peut
s'agir dans le cas de ce site pollué que d'une seule
et même opération. En effet, l'amiante est
incrusté sur et à l'intérieur des murs
de brique, du sol et du sous-sol. Toute démolition
à ciel ouvert libèrerait les fibres d'amiante
sur les écoles et les habitations riveraines.
Les Associations demandent au Préfet
(lettre
du 15 Juin 2007) sans l'accord duquel rien
ne pourra se faire, qu'il exige l'application de la
réglementation en matière de retrait
d'amiante friable. Cette réglementation
précise entre autres la
"construction d'une enveloppe
étanche à l'air et à l'eau autour des
zones de construction à traîter".
Pour la protection de
l'environnement et pour éviter de nouveaux malades
dans 20 ans et plus, appliquons la loi, rien que la loi
mais toute la loi :
- L'arrêté
préfectoral du 05/08/2004 concernant le
CMMP
- Le décret du
30/06/2006 relatif à la protection des travaileurs
contre les risque amiante
- L'arrêté du
14/05/1996 relatif aux règles techniques à
respecter pour le retrait amiante
- L'arrêté du
02/01/2002 relatif au repérage de l'amiante avant
démolition.
La réunion qui nous avait été
promise en Septembre 2007 s'est tenue en Octobre et les
Associations ont sorti un communiqué
de presse le 24 Octobre 2007. Enfin
l'étude
de santé publique de l'InVS autour de cette
ancienne usine de broyage d'amiante CMMP est sur la toile
confirmant les dires des Associations depuis le début
du dossier.
Un nouveau permis de démolir et un nouveau plan
retrait amiante doivent être présentés
après l'annulation par la justice de ceux pour le
seul bâtiment B (ancien atelier d'amiante) mais
auparavant un projet doit être établi par les
Ministères de la Santé, du Travail et de
l'Ecologie et qui sera soumis à tous les
protagonistes dont les Associations (lettre
adressée aux Ministères le 31
Octobre 2007).
-
Expérience de la lutte à
Aulnay
Ce dossier
relate l'expérience de deux individus seuls au
départ aidés par Ban Asbestos France puis
par tout un collectif d'associations. C'est un
véritable mouvement citoyen qui s'est
créé face à la convergence de
différents facteurs s' enchaînant au fur et
à mesure du temps, à la motivation,
à la volonté, à l'acharnement et qui
a fait se rallier de plus en plus de gens, venant
d'horizons différents, sur les mêmes
objectifs, avec leur sensibilité propre. Cette
expérience de lutte est d'une extrême
richesse, une force d'invention et d'action
capable de tenir tête aux experts et aux
spécialistes comme c'est le cas aujourd'hui en
2007.
Cette bataille a nécessité
un véritable travail de fourmi de la part de la
sur et du beau-frère de Pierre, pour la
recherche d'informations :
- - Auprès des riverains du site non
décontaminé (à partir des noms
des riverains pétitionnaires contre les
nuisances de l'usine en activité, recherche sur
le bottin téléphonique des personnes
toujours présentes en cette année 1996,
contacts téléphoniques, porte à
porte)
- Au service du cadastre en Mairie détenant
un dossier sur les usines de la ville, des archives
municipales pour la compilation des compte-rendus des
conseils municipaux (relatant mot à mot les
séances des élus, à la
disposition de tout citoyen quel que soit son lieu de
résidence)
- A la Préfecture de Seine Saint Denis
- Aux archives du journal local Le Parisien
- Aux archives des Pompiers de Paris (un incendie
ayant eu lieu en 1962)
- Par des courriers au STIIIC (Service Technique
Interdépartemental d'Inspection des
Installations Classées d'Ile de France), aux
ministères de la Santé, du Travail et de
l'Environnement.
Un travail de donneurs d'alerte
auprès de toutes les personnes concernées
avec l'aide sollicitée ou spontanément
apportée par :
- - Les militants des associations,
- La directrice de l'école maternelle
(convaincue à la lecture des premiers documents
que son école se trouve à
côté d'une sorte de bombe à
retardement)
- Les avocats des associations, compétents,
chaleureux, ne demandant pas d'avance de frais sur les
demandes d'indemnisations pour les victime de
l'amiante tant auprès du FIVA (Fonds
d'Indemnisation des Victimes de l'Amiante), que du
TASS (Tribunal Administratif de la
Sécurité Sociale) pour les
reconnaissance en maladies professionnelles, que pour
les plaintes au pénal, mais seulement sur les
sommes gagnées (conditions déterminantes
sans lesquelles les actions en justice n'auraient pas
pu être envisagées).
- Le tout premier article de presse dans la revue
mutualiste " Viva ", suivi par la presse locale " Le
Parisien " puis par la presse nationale de radio et de
télévision.
La saisie de la CADA (Commission
d'Accès aux Documents Administratifs) dont
l'adresse est 35 rue Saint Dominique 75007 Paris
(tél. 01 42 75 79 99) afin que Mairie et
Préfecture autorise la consultation du dossier et
la réalisation des photocopies
désirées. En effet, la loi du 17 Juillet
1978 relative aux relations des citoyens avec leur
administration fait obligation à cette
dernière de laisser consulter et photocopier
(moyennant finances) les documents administratifs
à quelques exceptions prêtes (secret
défense ou industrielle, vie privée). En
cas de refus de la part de l'administration publique
(Mairie, Préfecture, etc
) c'est la CADA qui
arbitre et son accord est un véritable
sésame.
L'organisation de réunions publiques
pour débloquer la situation face aux
autorités.
En retour, de nouvelles forces se sont jointes
à la bataille :
- - Les parents d'élèves (LIPE et
FCPE) qui contactent le coordonnateur du dossier qui
n'est autre que le beau-frère de Pierre,
Gérard Voide, l'invitent à une de leur
réunion pour expliquer aux parents les dangers
actuels de cette usine fermée en 1991 mais non
décontaminée et pour leur parler de la
méthode de démolition à respecter
dans un tel cas.
- Aulnay Environnement
- Des élus municipaux,
départementaux, régionaux
- Le Conseil Général du 93
Résultat :
Naissance du collectif de 6 Associations en
2004 qui ont toutes la volonté d'agir pour exiger
la prise de mesures immédiates de protection pour
les enfants de l'école maternelle mitoyenne et les
riverains et pour une
décontamination/déconstruction dans les
règles de l'art.
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