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Il y a un Clemenceau à
Aulnay
il s'appelle le Comptoir des
Minéraux et Matières Premières
(CMMP)

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Pierre à
l'école en 1953
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la nouvelle cour
mitoyenne de l'école en
2007
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En 1995, Pierre Léonard
tombe malade et le pneumologue diagnostique un
mésothéliome (cancer de l'amiante).
Dès lors, sa sur et son beau-frère
vont mener une enquête minutieuse acharnée
afin de comprendre le pourquoi de la chose et remonter au
responsable de la maladie. Cette enquête les
mène devant l'usine qui broyait de l'amiante
à peu de distance de leur domicile et de
l'école. Ce dossier a été ouvert en
1995 et l'est toujours aujourd'hui
L'ELEMENT
DECLENCHEUR
La lettre écrite par la
sur de Pierre à la Mairie et à la
Préfecture pour savoir ce que faisait cette usine
CMMP et la motivation sur la recherche de la
vérité envers et contre tout pour
comprendre.
LES
RECHERCHES
La mémoire revient aux anciens
du quartier que Nicole questionne et où habite la
victime qui décède en Juin 1996 : " l'usine
au bout de la rue, c'est le CMMP (Comptoir des
Minéraux et Matières Premières)
on l'appelait l'usine d'amiante ". Gérard
et Nicole se heurtent dès le début de leurs
recherches aux autorités lorsqu'ils demandent ce
que fabriquait l'usine. La Mairie, qui possède
pourtant un dossier sans équivoque, noie le
poisson " elle fabriquait du silice et de l'oxyde de fer
". La Préfecture, au dossier non moins
révélateur, prétendra que l'usine
n'a traité l'amiante bleu (le plus toxique)
qu'avant guerre et que cette production n'a pas
repris depuis. Le couple est persuadé qu'on ne lui
dit pas la vérité, il y a en mairie un plan
d'atelier d'amiante datant de 1968, vu par chance et avec
un peu de ruse, et une première consultation du
volumineux dossier en préfecture (interdiction de
photocopier les pièces) laisse entrevoir une
production d'amiante jusque dans les année 1970.
L'Inspection du Travail perd le dossier (il sera
retrouvé plus tard par la police judiciaire).
Nicole et Gérard persévèrent,
à deux la réflexion est plus
féconde, inventive et ils sont soutenus,
encouragés par Ban Asbestos France
(1) puis par l'Andéva
(2) qui se crée en 1996.
Forte de ces premières informations, la famille
porte plainte en justice, une
pré-enquête est ouverte en 1997. Le couple
poursuit ses recherches aux archives municipales et
départementales, puis en 2000, après 5
ans d'enquête, il obtient enfin l'autorisation
auprès de la CADA (3) de
consulter librement les dossiers, réunissant 350
photocopies et reconstituant toute l'affaire.
(1) Ban Asbestos France (bannir
l'amiante) 
(2) Association Nationale de
Défense des Victimes de l'Amiante
(3)Commission d'Accès
aux Documents Administratifs
L'HISTORIQUE DE LA
POLLUTION
Le CMMP installe son usine de
broyage de minéraux à Aulnay, en plein
centre ville, en 1938. Cette usine est classée
" insalubre et dangereuse ". Pourtant les
autorités vont donner leur accord. Elles
savent le caractère mortifère de l'amiante
: dès 1906, la revue des inspecteurs du travail
relate l'hécatombe dans une usine de textile
amiante en Normandie qui fait 50 morts en 5 ans parmi les
ouvriers. Début des années 1930, la revue
des médecins du travail sort une étude
complète sur l'asbestose. Malgré cela,
malgré l'opposition des riverains (102
signatures lors de l'enquête publique) et
l'école de 600 élèves à 50
mètres de là, l'arrêté
d'ouverture sera accordé précisant
toutefois que " les ateliers devront être
parfaitement étanches de manière
à ce qu'aucune poussière ne puisse s'en
échapper, ni par les ouvertures, ni par les
interstices existant dans les murs ou toiture ". Ces
dispositions ne seront jamais respectées,
les bâtiments de tôles et de briques toujours
en place aujourd'hui n'ont jamais eu aucune
étanchéité, les poussières
s'en échapperont d'autant plus abondantes que les
conditions de travail à l'intérieur sont
moyennageuses : l'amiante est jeté dans les
trémis et récupéré en farine
dans des sacs ; toutes ces opérations sont
manuelles et réalisées sans aucune
protection par une main d'oeuvre nord-africaine d'autant
plus docile qu'on est en pleine guerre d'Algérie.
Le tournevers est important. Un témoin survivant
de cet enfer blanc parle : "à plus de 6
mètres on ne se reconnaissait pas entre
collègues tant le brouillard de poussière
était épais".
LES PLAINTES DES RIVERAINS
SERONT PERMANENTES
Elles ne cesseront qu'avec la
fermeture en 1991. Quelques exemples :
En 1955-56-57, l'inspecteur
municipal de salubrité rend des rapports
accablants " les poussières provenant de cette
usine se répandent sur les légumes du
maraîcher et le cimetière voisin ",
malgré ses interventions " les ateliers
travaillent constamment portes ouvertes ... "
En 1959, les élus locaux
qui sont très au fait des dangers de l'amiante,
multiplient les interventions en Préfecture sans
obtenir le moindre résultat malgré
l'enquête d'une commission d'hygiène
municipale dirigée par le médecin communal
qui fait état des poussières sur le
voisinage, commerces, jardins, etc ... et souligne les
risques d'asbestose pour la santé publique.
L'industriel poursuit sa pollution en toute
impunité.
En 1962, les bâtiments
sont éventrés à la suite d'un
important incendie mais la production n'est pas
interrompue pour autant. Un cercle vicieux s'instaure :
pollution = plaintes = contrôles sans suite =
pollution de plus belle = nouvelles plaintes, etc
...
En 1968 : " avis de
tolérance " de la Préfecture.
En 1970 : " le fonctionnement
de l'usine est acceptable ".
En 1971 : pétition des
parents d'élèves " retombées nocives
de poussières sur l'école, nombreux cas de
conjonctivites, laryngites, pharyngites chez les enfants
... "
En 1972-73-74 : les
pétitions continuent " poussières à
l'intérieur des maisons situées à
160 mètres, 3 millimètres de
poussière sur les tombes du cimetière
".
En 1977 : l'inspecteur au cours
d'un énième contrôle admet " une fine
poussière répandue sur les toitures des
pavillons environnants "
En 1986 : le CMMP manipule
toujours de l'amiante dans son usine d'Aulnay, ventant
ses produits dans l'annuaire de la chimie.
LES RAPPORTS AVEC LES
AUTORITES : UNE LONGUE MARCHE
En 2000 - la bataille
devient collective

La plainte de la famille est
acceptée, un juge d'instruction est
nommé, les médias s'intéressent
à l'affaire (presse, télévision,
radio). Nicole et Gérard organisent avec ADDEVA 93
(Association Départementale de Défense des
Victimes de l'Amiante de Seine-Saint-Denis) une
réunion publique, persuadés qu'il y a
d'autres victimes. Nous espérions quelques
personnes autour d'une table mais c'est plus de 100
riverains qui se pressent dans la petite salle du
quartier. Les malades se font connaître et
témoignent d'exposition de 30-40, voire 50 ans
auparavant. Les questions fusent, l'émotion est
grande.
Premières permanences,
premiers dossiers en vue d'indemnisation et plaintes
en justice.
L'ancienne usine fermée
depuis 1991 n'a pas été
dépolluée et est ouverte aux quatre
vents, les enfants en ont fait leur terrain de
jeux.
La Préfecture qui nie le danger
depuis 1996 se décide à demander une
étude de recherche d'amiante.
Dès 1998, la famille
Voide/Léonard avait alerté le Ministre de
la Santé qui avait promis une étude de
prévalence des maladies autour de l'usine ; aucune
suite n'y a été donnée.
En 2000, elle remet un dossier
à la DGS (Direction Générale de la
Santé) qui ne parviendra jamais à la
DDASS (Direction Départementale d'Action Sanitaire
et Sociale).
En 2001 - Création
d'un collectif de riverains et victimes du CMMP de 60
adhérents 
Accompagné de responsables
d'ADDEVA 93, d'une victime et de la directrice de
l'école maternelle, entrevue en
Préfecture. Trois fiches techniques sont
remises demandant :
1. La fermeture du site
industriel, le colmatage des plaques d'amiante-ciment
de la toiture dégradées et menaçant
la cour de l'école maternelle désormais
mitoyenne.
2. les études
complémentaires de pollution, l'analyse des
poussières, le carottage du sous-sol à
l'emplacement des broyeurs, la recherche des anciennes
fosses, le plan de prévention de retrait
d'amiante, la déconstruction en toute
sécurité.
3. l'étude de
prévalence des maladies de l'amiante autour de
l'ancienne usine.
La famille découvre grâce
à des médecins locaux un taux anormal de
mésothéliomes dans le quartier, contact la
DDASS (Direction Départementale d'Action Sanitaire
et Sociale). Un groupe de travail est
prévu.
En 2002 - le Collectif des
Riverains et Victimes du CMMP compte 70
adhérents
Le site industriel est enfin
clos mais pas d'étude de pollution et le
groupe de travail de la DDASS est mort-né.
Nouvelle réunion en Préfecture, houleuse,
très tendue. Les Associations sont priées
d'apporter la preuve du danger et des maladies alors que,
déjà, 30 cas sont
recensés.
En 2003 - le Collectif des
Riverains et Victimes du CMMP compte 90
adhérents
La famille s'invite au CDH
(Comité Départemental d'Hygiène)
dans lequel le Préfet a convoqué le
pollueur mais pas les représentants des victimes.
L'arrêté préfectoral
reconnaît enfin la présence d'amiante dans
le site et la nécessité d'un
désamiantage et d'une démolition
contrôlée.
47 malades sont
recensés.
Discussion difficile avec la DDASS et
l'InVS (Institut National de Veille Sanitaire). 19
dossiers complets de malades leur sont remis. Une
pseudo-étude est envisagée, sans aller sur
le terrain. Les Associations refusent d'être
instrumentalisées.
En Juin, un permis de démolir
est déposé. Les Associations organisent
une nouvelle réunion publique. Le permis
sera gelé, le Maire s'engage devant 100
personnes à ne pas le signer sans consultation
préalable des Associations. Cette promesse ne sera
malheureusement pas tenue, le permis sera accordé
tacitement (une façon habile de l'accorder sans
signer) en Août 2006. Au cours de cette
réunion de riverains une motion réclame
à nouveau un plan de
désamiantage/déconstruction. Les parents
d'élèves ont récolté 300
signatures.
En 2004 - Création
d'un collectif regroupant 6 Associations :
     
Collectif des Riverains et Victimes du CMMP (150
adhérents) - Ban Asbestos France - Association
Départementale de Défense des Victimes de
l'Amiante du 93 - Parents d'élèves FCPE -
Parents d'élèves LIPE - Aulnay
Environnement
Le collectif organise une nouvelle
réunion publique car le Préfet a
refusé de transmettre l'importante étude de
recherche d'amiante sur le site avant démolition,
étude réalisée par le cabinet CDB,
à la demande du nouveau propriétaire, un
promoteur immobilier.
L'auteur de l'étude participe
à la réunion et explique :
- la poussière d'amiante est
partout
- elle provient avant tout de
l'ancienne activité de broyage
- La nécessité d'un
chantier de désamiantage sous confinement (bulle
autour des bâtiments)
- La nécessité de mesures
d'urgence dites " conservatoires " devant le danger que
représente notamment la chute de plaques du toit
dans la cour de l'école maternelle et la
libération des fibres d'amiante dans
l'atmosphère
- L'étude sera confirmée
par un deuxième expert.
Un troisième expert, contre
toute évidence, ne verra :
Nouvelle motion des Associations
réclamant au Préfet :
- Toute l'information
- L'ouverture de la
discussion
- La prise d'urgence des mesures
conservatoires contre le danger potentiel de chutes des
plaques du toit
- L'étude de prévalence
des maladies de l'amiante autour de l'usine.
On dénombre alors 50 malades
dont 27 décès.
Le Préfet met son véto
à la poursuite des discussions avec les
autorités sanitaires.
En fin d'année, le "
Comité Local de Surveillance " du site
présidé par le Maire (et
réclamé depuis 2003) est enfin en place. Il
permettra surtout aux Associations d'avoir
accès aux principales
informations.
25 plaintes sont
déposées en justice au pénal.
Cette procédure traîne depuis 10 ans. Si la
justice est quelquefois expéditive pour des faits
mineurs, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit
d'inquiéter les industriels de l'amiante
responsables d'une catastrophe sanitaire.
Les victimes ont le sentiment de deux
poids, deux mesures.
En 2005 - Le Collectif des
Riverains et Victimes du CMMP compte 180
adhérents.
Les Associations organisent, le 16
Avril, une manifestation devant l'immobilisme de
la Préfecture. Un cortège digne,
silencieux, défile dans la ville : " l'amiante ne
doit plus tuer à Aulnay ", " désamianter
sans délai l'usine CMMP ", " plus jamais ça
", " la santé de nos enfants n'est pas à
vendre ", " justice pour les victimes ", " Monsieur le
Préfet réveillez-vous ", "le CMMP a
violé la loi protégeant les ouvriers des
poussières industrielles ", " le CMMP a
violé l'autorisation d'ouverture qui imposait le
travail dans des locux parfaitement étanches "
:
Les noms des victimes sont
égrenés un à un, leurs
prénoms accrochés à la grille de
l'usine :
Les parents
d'élèves ont recueilli 400 nouvelles
signatures réclamant notamment les mesures
conservatoires de protection d'urgence, les
bâtiments délabrés menaçant
les enfants des écoles mitoyennes.
Petite manuvre mesquine : la
Préfecture convoque une réunion 2 jours
avant la manifestation ; elle se déroulera sans
les associations tout à leurs
préparatifs.
Après la manifestation, le
dialogue avec les autorités est repris. Deux
réunions ont lieu en sous-Préfecture en Mai
et Juin.
La CIRE (Cellule Régionale
d'Epidémiologie) promet une véritable
étude, cette fois sur le terrain, de l'impact de
la pollution à l'amiante sur la population du
quartier cette fois sur le terrain.
L'ancien industriel doit produire une
étude de désamiantage-déconstruction
mais parallèlement introduit deux actions en
justice pour éviter de payer la facture
évaluée à 2 millions
d'euros.
La Préfecture refuse toutes
mesures d'urgence dites " conservatoires ".
Néanmoins, rendez-vous est pris pour la
rentrée ; il n'aura pas lieu et un long silence
s'installera.
En 2006 - Organisation d'une
réunion publique/conférence de
presse/manifestation le 21 Janvier devant le
silence du Préfet.
Réunion en
préfecture fin Février où est
exposé le plan de l'ex-propriétaire de
l'usine, plan de démolition à ciel
ouvert après un simple dépoussiérage
partiel. Opération à haut risque ne
garantissant aucune sécurité pour la
population et les travailleurs. Il n'est pas prévu
de déménager les écoles mitoyennes.
Le pari est pris que tout sera réalisé
durant les vacances scolaires
d'été.
Les réponses aux objections des
Associations se perdent dans le flou. On est prié
de faire confiance au professionnalisme des intervenants
!
Pour se sortir de l'impasse, le
représentant du Préfet promet une
étude comparative entre le projet à ciel
ouvert de " COTEBA " maître d'uvre du CMMP,
et le chantier sous confinement étanche
extérieur " sous bulle " demandé par les
Associations.
Rendez-vous est pris début
Avril ; il n'aura pas lieu, le CMMP et son maître
d'uvre Coteba refuseront de faire cette
étude. Le Préfet ne les y contraindra
pas.
Le 16 Mars, les Associations tiennent
une conférence de presse avec le concourt du
Conseil Général du 93 exposant la
nécessité d'un chantier
confiné. Il y a assez de victimes (60 malades
recensés dont 30 morts) sans en rajouter de
nouvelles par une démolition à ciel ouvert
de murs, charpentes et toiture imbibés
d'amiante.
Le 21 Mars, les Associations
obtiennent de participer à l'expertise en
justice et apportent de nombreuses informations que
les experts ignorent. Ils tiennent leur informations
d'anciens documents du CMMP pollueur et des
autorités qui n'ont pratiquement plus de dossiers,
ceux-ci ayant été saisis par la police dans
le cadre de l'instruction en justice pénale
!
Seules, les Associations
possèdent un dossier presque complet,
résultat de 5 ans d'enquête personnelle
suite à la mort de Pierre Léonard. Aussi,
elles fourniront informations, plans et documents
à tous les services officiels : Préfecture,
Mairie, STIIIC, IT, DDASS, CRAMIF, BRGM, ADEME, InVS,
CIRE, (*) etc
(*) (1) STIIIC : Service Inter
Départemental d'Inspection des Installations
Classées)
(2) IT : Inspection du
Travail
(3) DDASS : Direction
Départementale d'Action Sanitaire et
Sociale
(4) CRAMIF : Caisse Régionale
d'Assurance Maladie d'Ile de France
(5) BRGM : Bureau de Recherche
Géologique et Minières
(6) ADEME : Agence de l'Environnement
et de la Maîtrise de l'Energie
(7) InVS : Institut National de Veille
Sanitaire
(8) CIRE : Cellule Inter
Régional d'Epidémiologie
Elles resteront à l'initiative
et vigilantes :
En Mai, des plaques
d'amiante-ciment tombent du toit ; par bonheur dans
la rue et non dans la cour de l'école
maternelle.
Les Associations interpellent les
autorités (Maire et
Préfet).
En Juin, elles prennent
49
photos édifiantes
sur l'état de désagrégation du
toit. Un exemple :
En Juillet et Août :
Préfet et Maire
décident dans la précipitation de
déménager les 2 écoles
mitoyennes de l'usine pour la rentrée sans aucune
concertation avec les parents d'élèves qui
la réclamaient depuis longtemps :
1) Première raison : ils
ne peuvent plus nier le danger, leur
responsabilité est engagée
2) Deuxième raison :
après un an d'étude, la CIRE confirme
officiellement le lien entre la pollution due à
l'usine et l'apparition de maladies dues à
l'amiante chez les personnes ayant habité ou
habitant toujours autour et les anciens travailleurs.
C'est une véritable catastrophe sanitaire à
retardement qui s'annonce. On dénombre 70 malades
dont 34 décès et 16
mésothéliomes
En Octobre : des matelas d'amiante
chrysotile contenant une bourre d'amiante amosite
(le plus toxique) sont découverts par Henri
Pezerat, notre toxicologue, en façade quasiment
à portée de mains. Aucune des 13 expertises
ne les avaient repérés auparavant !
:
A la suite, COTEBA, le maître
d'uvre, découvre un flocage d'amiante
amosite proche des matelas.
Les 30 et 31 Octobre, CMMP et
COTEBA décident le début des travaux, sans
attendre la fin des discussions et l'avis de l'Inspection
du Travail et de la CRAMIF.
L'intervention immédiate des
riverains fait arrêter le chantier par
l'Inspecteur du Travail et obligent à des sondages
dans le sol et des mesures d'empoussièrement dans
l'air qui révèlent dès les premiers
coups de pelle que le sol est truffé
d'amiante :
COTEBA avoue même sa surprise de
"retrouver de l'amiante sur et sous le sol de la cour
lessivée par la pluie depuis la fermeture il y a
25 ans".
C'en est trop ! Un réseau de
vigilance se met en place afin de surveiller le futur
chantier et mobiliser en cas d'alerte.
Le plan de retrait Amiante est
déposé, conforme au projet COTEBA le
maître d'uvre du CMMP.
Octobre/Décembre : deux
réunions avec l'Inspection du Travail et la CRAMIF
qui sont heureuses d'accueillir les documents qu'ils ne
possédaient pas dans leurs dossiers !.
Les Associations sont reconnues comme
" sachant ". On nous écoute attentivement mais le
dialogue n'a pas lieu : devoir de réserve oblige
!
Le 1er Décembre :
réunion en Préfecture, le projet COTEBA
de désamiantage partiel et démolition
à ciel ouvert est accepté par tous les
officiels avec la caution du Ministère de
l'Environnement !
________________________________________
2 0 0 7
______________________________________________
Le dossier de la
décontamination-déconstruction de l'usine
dans les règles de l'art est toujours à
l'ordre du jour
Comme cela est relaté dans le
dossier, cette affaire révèle au moins 5
scandales :
- Les autorités ont
laissé s'installer une usine de broyage
d'amiante classée "insalubre et dangereuse" en
plein centre ville et à 50 mètres d'une
école, alors qu'elles connaissaient les dangers
mortels de ce matériau
- Le CMMP (Comptoir des
Minéraux et Matières Premières)
a violé la loi sur les poussières
industrielles et l'arrêté
d'ouverture qui lui faisait obligation de rendre
les ateliers parfaitement étanches (tous nos
documents et témoignages en font foi)
- Les autorités ont
laissé faire malgré les plaintes
incessantes des riverains, des parents
d'élèves et des élus locaux
- La Préfecture, en 1996,
prétendait que le broyage d'amiante n'avait pas
repris après la guerre alors qu'elle
possédait un dossier accablant qu'elle a
tenté d'empêcher de consulter
- La complaisance évidente
des autorités d'aujourd'hui
vis-à-vis d'un industriel qui fait tout pour
fuir ses responsabilités de pollueur et ne pas
payer le désamiantage des locaux dans les
conditions optimum de sécurité pour les
intervenants et les riverains
Tout ce qui a été obtenu
pour la sécurité des enfants des
écoles maternelle et primaire mitoyennes de
l'usine et des riverains a été possible
grâce à l'acharnement d'une famille et
à sa rencontre avec des scientifiques militants,
des associations de lutte contre l'amiante, des
associations locales, des élus locaux, des
élus du Conseil Général du 93, des
médias (presse, radios et TV), qui nous ont
soutenus ou ont manifesté leur soutien.
Sans cette lutte, l'usine aurait déjà
été démolie en polluant une fois
encore tout un quartier où aujourd'hui on
dénombre plus de 71 victimes de maladies dues
à l'amiante. Et les victimes ne sauraient pas qui
sont les responsables.
L'étude de la CIRE (Cellule
Inter-régionale d'Epidémiologie) obtenue de
haute lutte, confirmant officiellement la
pollution par l'amiante due à l'ancienne
production de l'usine CMMP, tarde à être
rendue publique. Pour les Associations, l'étude
n'est pas une fin en soi mais un début. Il
s'agit maintenant de diligenter une étude plus
vaste :
- Recherche active des personnes
contaminées
- Signalement des nouveaux cas par
les médecins
- Suivi médical des riverains
qui le souhaitent
- Information à la population
des risques pour la santé
L'expertise du site, par
décision de justice, est close. Les
Associations ont obtenu la reconnaissance :
- de la présence de
poussière d'amiante dans tous les
bâtiments et non pas dans le seul atelier
d'amiante (thèse officielle de
départ).
- de la présence de la
poussière en quantité dangereuse,
de 1 900 000 à 5 600 000 fibres par cm2 sur les
charpentes.
- de l'existence de tous les
types d'amiante sur le site, prouvant leur
origine dans l'ancienne activité de
broyage, ce que contestait le CMMP.
Mais, en contradiction avec la
réglementation, les experts acceptent les travaux
à ciel ouvert et le désamiantage partiel
à sec avec aspirateur !
L'ex-propriétaire CMMP, qui a
mandaté l'entreprise COTEBA comme maître
d'uvre pour défendre ses
intérêts, s'obstine, pour des raisons
financières évidentes, à
défendre l'idée d'un simple retrait
d'amiante non friable à sec, sans confinement
total du chantier et une démolition à ciel
ouvert ; les Associations réclament la simple
application de la réglementation qui est celle
concernant l'amiante friable. Comme si la
poussière n'était pas un matériau
friable (" susceptible d'émettre des fibres
d'amiante sous l'effet de chocs, vibrations ou mouvements
d'air ", article 1 de l'arrêté du 14 Mai
1996) !
Quant à la Préfecture et
aux pouvoirs publics, ils cherchent à faire appel
à toute une série d'institutions et
d'administrations pour tenter de justifier la position de
l'ex-propriétaire. Manifestement, sachant que
l'Etat aura à sa charge le désamiantage de
toute une série de " sites orphelins " sur des
friches industrielles, là où les
propriétaires ont disparu ou sont insolvables, ils
privilégient les solutions les moins
onéreuses au détriment de la santé
des intervenants et des riverains.
Le 20 Juin 2007, s'est tenue une
réunion publique des riverains du CMMP au
cours de laquelle a été votée une
motion adressée au Maire d'Aulnay-Sous-Bois et au
Préfet du 93 (ici).
Suite à cette réunion,
nous avons noté avec satisfaction le changement de
position de la Mairie qui, dans son voeu du Conseil
Municipal du 28 Juin 2007, demande maintenant :
"le respect de la loi et de
l'intégralité des textes régissant
la dépollution des sites amiantés congenant
de l'amiante friable ..."
Le jugement du Tribunal
Administratif de Cergy Pontoise rendu le 4 Juillet
2007 établit définitivement que le
désamiantage de la totalité du site est
à la charge de l'ancien industriel CMMP, la
démolition des bâtiments incombant au
nouveau propriétaire Kapa immobilier (voir le
communiqué de presse des Associations du 10
juillet 2007). Mais il approuve le plan Cotéba de
démolition à ciel ouvert.
Ce jugement laisse donc
entière la question de la méthodologie du
chantier de désamiantage
: il est impossible de
désamianter puis ensuite démolir. Il ne
peut s'agir dans le cas de ce site pollué que
d'une seule et même opération. En effet,
l'amiante est incrusté sur et à
l'intérieur des murs de brique, du sol et du
sous-sol. Toute démolition à ciel ouvert
libèrerait les fibres d'amiante sur les
écoles et les habitations
riveraines.
Les Associations demandent au
Préfet (lettre
du 15 Juin 2007) sans
l'accord duquel rien ne pourra se faire, qu'il exige
l'application de la réglementation en
matière de retrait d'amiante friable. Cette
réglementation précise entre autres la
"construction d'une enveloppe
étanche à l'air et à l'eau autour
des zones de construction à
traîter".
Pour la
protection de l'environnement et pour éviter de
nouveaux malades dans 20 ans et plus, appliquons la
loi, rien que la loi mais toute la loi :
- L'arrêté
préfectoral du 05/08/2004 concernant le
CMMP
- Le décret du
30/06/2006 relatif à la protection des
travaileurs contre les risque amiante
- L'arrêté
du 14/05/1996 relatif aux règles techniques
à respecter pour le retrait amiante
- L'arrêté
du 02/01/2002 relatif au repérage de l'amiante
avant démolition.
La réunion promise en Septembre
2007 s'est tenue en Octobre et les Associations ont sorti
un communiqué
de presse le 24
Octobre 2007. Enfin l'étude
de santé publique de
l'InVS (CIRE) autour de
cette ancienne usine de broyage d'amiante CMMP est sur la
toile confirmant les dires des Associations depuis le
début du dossier.
Un nouveau permis de démolir et
un nouveau plan retrait amiante doivent être
présentés après l'annulation par la
justice de ceux pour le seul bâtiment B (ancien
atelier d'amiante) mais auparavant un projet doit
être établi par les Ministères de la
Santé, du Travail et de l'Ecologie et qui sera
soumis à tous les protagonistes dont les
Associations (lettre
adressée aux
Ministères
le 31 Octobre 2007) ; ce projet ne verra jamais le
jour.
Le samedi 25 Novembre 2007,
FR3
a traité du dossier de ce site contaminé
(merci à Hervé Suaudeau du site
monaulnay.com pour les vidéos de l'émission
: introduction
-
partie
1 et
partie
2). Il en ressort
que la Préfecture devrait enfin exiger du CMMP
qu'il effectue les prélèvements exhaustifs
non encore réalisés sur le site alors que
la réglementation le stipule avant tous travaux de
déconstruction (depuis des années les
associations réclament ces
prélèvements).
Le 10 Décembre 2007,
nouvelle lettre adressée aux Ministères
plus précisément concernant les questions
techniques (ci-jointe).
______________________________________________
2008
___________________________________________________________
Le
désamiantage-dépollution-démolition
sous bulle, enveloppant les bâtiments de l'ancienne
usine, est plus que jamais à l'ordre du
jour
Février
: la promesse de prélèvements
complémentaires du représentant de la
préfecture à FR3 reste sans suite
(lettre
du 25
Février).
Les associations
écrivent au
nouveau Maire d'Aulnay
argumentant sur la nécessité d'une action
commune en vue de réaliser le chantier sous bulle
car la situation n'a pas évolué depuis
fin
2007.
Avril :
Lettre de relance le 7 Avril aux
Ministères
(Santé/Travail/Ecologie) et le 11 Avril
communiqué
de
presse
appelant
à une réunion
publique le 16
Avril
à Aulnay. Les associations dénoncent
l'attentisme du Préfet qui attend le bon vouloir
du CMMP et des Ministères.
Alerte des riverains
sur de nouvelles chutes de tôles provenant de
l'ancienne usine tombées dans la cour de l'usine
et dans le cimetière mitoyen (lettre en urgence au
nouveau
Maire le
14 Avril).
La réunion
publique du 16 Avril à la salle Gainville a
réuni près d'une centaine de personnes. Le
nouveau Maire, Gérard Ségura et son
adjoint, Alain Amédro, sont présents. Mr
Ségura se prononce pour "une déconstruction
du site dans les meilleures conditions". Un
participant demande plus de précision et Mr
Amédro confirme alors que la ville est favorable
à "la déconstruction sous bulle
étanche du site" par un confinement, donc à
l'extérieur des bâtiments, et des mesures de
sécurité urgentes en attente de l'ouverture
du chantier. Deux
motions au
Préfet précisent cette position.
Mai
:
Dans le numéro
de Mai 2008 de son journal
local, la nouvelle
Municipalité indique se donner 18 mois pour
régler le problème, envisageant de
débloquer la situation par le rachat du terrain et
la réalisation des travaux.
L'Inspection du
Travail que les associations ont rencontrée
à plusieurs reprises, signifie clairement au
CMMP
et à l'agence
KAPA
propriétaire des lieux, la nécessité
d'appliquer pour ce chantier la réglementation sur
le retrait de l'amiante friable : "construction d'une
enveloppe étanche à l'air et à l'eau
autour des zones à traiter" donc à
l'extérieur autour des bâtiments à
démolir. La CRAMIF fera de même de son
côté. Ils sont les suls organismes
officiels à prendre position.
Juin :
Les Associations écrivent une
nouvelle fois le 2 Juin au Préfet
lui demandant de mettre en
demeure le CMMP d'engager les travaux. En
vain.
Grand reportage programmé
sur France 3 le 2 Juin à l'émission "la
santé polluée" présentée
par Marina Carrère d'Encausse et Michel
Cymes. Un
film, préparé plusieurs mois à
l'avance devait ouvrir l'émission. Il a
été déprogrammé quelques
heures seulement avant l'émission alors même
qu'une vidéo le présentait sur le site
Internet de France 3 la veille encore ! Et il ne sera
jamais reprogrammé. Y aurait-il eu des pressions ?
... Au regard des explications qui ont changé
à deux reprises, on peut le penser.
A visionner dans le
site monaulnay.com : une interview du 3 Juin sur
l'uranium
présent dans l'ancienne usine et sur la
mise
sous
bulle
demandée par l'Inspection du
Travail).
Septembre :
Les
associations ont rencontré,
en Mairie, le Secrétaire Général de
la Préfecture, Monsieur le Maire et son adjoint
à l'environnement. Elles réclament une fois
de plus la mise en demeur du CMMP par le Préfet
conformément au Code de l'Environnement (lettre au
Préfet
le 17 Septembre 2008
concernant le 7ème arrêté
préfectoral).
Le week-end des 27 et 28 Septembre
2008, les associations organisent une exposition sur
la
situation et la pollution
du CMMP, passent un film de 5 minutes en boucle (visible
sur le site de monaulnay.com à la date du 7
Octobre 2008). Une pétition
réclamant le
confinement des bâtiments recueille 552
signatures.
Octobre :
Le Préfet fait un autre
choix. Il accorde pour la xième fois, par
arrêté préfectoral (le 7ème !)
un délai supplémentaire (4 mois) aux
maîtres d'ouvrage.
Novembre :
La pétition de 552 signatures
est remise en délégation en
Préfecture par les associations et la nouvelle
Municipalité, associée. Elle demande l'
enveloppe étanche extérieure autour des
bâtiments pour :
- "prémunir les
riverains contre le risque de chutes
d'éléments des bâtiments fortement
dégradés et contre la pollution à
l'amiante et au zircon lors de forts vents ....
enveloppe demandée depuis 2004,par deux
experts."
- "assurer le confinement du
chantier lors de la démolition
conformément à la demande de
l'Inspection du Travail".
La délégation fournit
également au Préfet une évaluation
des travaux, montant : 2 233 396 euros comprenant
l'enveloppe étanche (lettre
du 25/10/2008
).
Le 18 Décembre 2008, le
Conseil Municipal de la ville d'Aulnay vote à
l'unanimité l'acquisition du site de l'ancienne
usine pour son désamiantage et sa
démolition.
______________________________________________
2 0 0 9
_______________________________________________
Importante réunion en
Mairie le 19 Janvier 2009 à laquelle les
associations ont été invitées.
Monsieur Beckmann, architecte maître d'uvre
pour la Société d'Economie Mixte SEM-PACT
93, est spécialiste en démolition de gros
chantiers et en désamiantage. Il expose le projet
de l'opération
désamiantage-démolition-dépollution
dans ces grands lignes. Pour une fois les responsables
des associations ont le sourire, toutes les objections
formulées par Coteba (le maître d'uvre
du CMMP) comme des impossibilités techniques,
n'ont plus lieu d'être : le travail en hauteur = no
problème, le confinement extérieur = no
problème, le travail à l'humide = no
problème, l'emploi d'engins à
l'intérieur du confinement = no problème,
la mitoyenneté avec les pavillons voisins = no
problème, l'application stricte de la
réglementation = non problème, la
dépollution du sol et du sous-sol = non
problème, etc
LE PROJET :
Application de
l'arrêté du 2 Janvier 2002 relatif au
repérage de l'amiante avant démolition.
Malgré 22 études déjà
réalisées, il faut procéder à
un complément de 3 diagnostics :
a) Recherche
complémentaire dans les murs, au cur des
briques, dans les endroits inaccessibles où la
farine d'amiante s'est incrustée, en vue
d'évaluer l'empoussièrement attendu lors
de la démolition
b) Etude complémentaire de
la pollution radio-active dans les locaux et au sol.
Le laboratoire indépendant CRIIRAD,
proposé par les associations, est
retenu
c) Recherche d'autres polluants que
l'amiante et le zircon
Application de
l'arrêté du 14 Mai 1996 sur les
règles techniques pour un chantier de
désamiantage d'amiante friable :
Monsieur Beckmann est d'accord avec
les associations : les quantités d'amiante
à enlever sont certes inférieures au
retrait de flocages mais la finesse de la
poussière et son incrustation dans les locaux et
terrains nécessitent le confinement qui est
techniquement réalisable :
a) on procède à
la construction d'un échafaudage enveloppant
les bâtiments
b) une enveloppe constituée
de bâches thermo-soudées recouvre
l'ensemble et protège la structure contre les
agressions extérieures (vent,
intempéries)
c) une deuxième " peau " est
installée à l'intérieur pour
assurer l'étanchéité et elle sera
évacuée en décharge
classée en fin de chantier
d) une dépression
atmosphérique permanente à
l'intérieur, jusqu'à 20 PA, est
assurée par de puissants
déprimogènes munis de filtres absolus
afin d'empêcher tout fuite vers
l'extérieur. Le désamiantage et la
démolition sont donc réalisés
sous bulle en une seule et même opération
avec des moyens manuels et également par
micro-engins, brise roche hydraulique (tous les
engins, y compris les nacelles, sont à
motricité électrique)
e) les gravas évalués
à 1750 tonnes seront mis dans des sacs
hermétiques et décontaminés sous
tunnel avant d'être évacués en
décharge selon la procédure
réglementaire
f) le sol et le sous-sol seront
complètement
décontaminés
Le 23 Janvier 2009
:
Les grandes lignes du projet ont
été exposées lors de la
rencontre-débat organisée par
l'hebdomadaire municipal Oxygène au Conservatoire
de Musique (invitation).:
Un quartier général
s'établira dans l'école
désaffectée du Bourg2. Le sol des
terrains autour des bâtiments sera recouvert d'un
textile "GO bédim" (sorte de feutre épais)
afin de permettre la circulation des engins sans soulever
de poussière. Un contrôle par mesure
d'empoussièrement dans l'air complètera le
dispositif. L'entrée du chantier avec les
tunnels de décontamination est prévue
depuis la cour de l'école entre les
bâtiments B (ancien atelier d'amiante) et C1 (le
bâtiment haut). Les bâtiments seront
recouverts d'une enveloppe extérieure "bulle"
:
- une bulle recouvrant le
bâtiment B côté cour de
l'école maternelle
- une bulle recouvrant le
bâtiment C2 le long du
cimetière
- une bulle recouvrant le
bâtiment C1, le plus haut au fond.
Comme nous le disions, ce confinement
extérieur sera tout à fait solide et sera
amarré par un système de poids. Un
modèle similaire a résisté à
la tempête de 1999 !... Un système
d'alarme et un gardiennage assureront toute la
sécurité et, pour couronner le tout, des
capteurs répartis autour du chantier à
l'extérieur, vérifieront dans des
conditions optimum de bon déroulement l'absence de
fibres d'amiante dans l'air.
Compte-rendu
de cette rencontre-débat sur le site aulnaysien
monaulnay.com. La facture est évaluée
à 5 millions d'euros. A ce jour l'on ne sait pas
quelle sera la part du CMMP mais au regard de la loi,
elle lui revient en totalité au nom du principe
pollueur/payeur inscrit dans le Code de l'Environnement.
D'autres réunions sont prévus avec les
Associations qui attendent les documents pour examen :
évaluation des risques, plan de retrait amiante,
rapport sur la radio-activité du site, etc
Après 14 années de lutte sans répit,
les Associations se considèrent mandatées
par les riverains et les familles de victimes et elles
resteront vigilantes jusqu'à la fin du
chantier..
Le 4 Mars 2009 :
De nouvelles découvertes ont
été faites lors des recherches
complémentaires effectuées du 16 au 20
Février :
1. L'amiante se met en suspension dans
l'air dès qu'un visiteur pénètre
dans le site. Le capteur qui a suivi les "
diagnostiqueurs " a enregistré 8 fibres par litre
d'air dans l'atmosphère (soit au dessus de la
norme officielle de 5 fibres par litre d'air, norme
contestée -trop élevée- depuis
longtemps par l'association). Il s'agit de crocidolite
(amiante bleu le plus toxique)
2. De nouveaux sacs d'amiante
crocidolite ont été repérés
entre les murs du CMMP et celui du cimetière
3. Plus grave : des touffes
de crocidolite
(transportées par les
oiseaux) se sont échappées du toit
détérioré de l'ancien logement du
gardien et jonchaient le sol du trottoir rue de Mitry
(photos page 2). Le trottoir a été
immédiatement nettoyé, la circulation
interrompue durant l'opération et la brèche
colmatée. Depuis des années, les
associations signalaient la détérioration
de cette planche pourrie longeant le toit. Le
maître d'uvre envisage un aménagement
de la circulation pour éloigner de cette zone les
passants
Les " diagnostiqueurs " qui sont
intervenus ont déclaré que les
équipements EPI qui leur ont été
fournis étaient pleinement justifiés.
Désormais, plus aucune personne ne doit
pénétrer sur ce site sans EPI (Equipement
de Protection Individuelle), combinaison, capuche et
masque MP3. Quand on pense que le site est resté
ouvert aux quatre vents durant 10 ans et que les enfants
du quartier en avaient fait leur terrain de jeux !
...
Ces évènements
confirment une fois de plus qu' il y a bien de
l'amiante partout sur le site et le bien fondé
de la demande des associations dès 2004 : la
construction d'une enveloppe étanche
extérieure autour des bâtiments comme
mesure de protection " conservatoire " et pour le
chantier de
désamiantage-déconstruction.
D'autres résultats sont
attendus prochainement concernant le sol et les
bâtiments sur le diagnostic plomb, le diagnostic
amiante et le diagnostic sur la
radio-activité.
Le 26 Mars 2009
:
L'Association Aulnay Santé a
invité nos associations à une
réunion publique à la salle Gainville
à Aulnay afin de discuter avec le corps
médical d'Aulnay et une
conférencière du Ministère de
l'Environnement. Mais ce débat n'a pas eu
lieu car il nous a été interdit
de parler de l'amiante et du
CMMP. Les représentants
de nos associations ont donc quitté la salle
dès cet ultimatum.Ce n'est pas la première
fois que des pressions s'exercent par rapport au dossier
de cette ancienne usine de broyage d'amiante (voir notre
rubrique du 2 Juin 2008) un reportage sur le CMMP qui
était programmé à 20 Heures 50 dans
l'émission "Santé Polluée" a
été annulé quelques heures avant sa
diffusion et n'a jamais été
reprogrammé.
Le 22 Avril 2009
:
Premier
journal de chantier pour le
site CMMP d'Aulnay. La Municipalité a
inauguré le chantier de
dépollution/déconstruction sous confinement
étanche de l'ancienne usine d'amiante. La
parole a été donné aux Associations
et Annie Thébaud-Mony représentait le
Collectif des Riverains et Victimes du CMMP et Ban
Asbestos France
(voir également
l'article
et les photos du site
monaulnay.com)
Le 4 Mai 2009
:
Enterrement de Maurice Passat,
l'ancien chauffeur-livreur du CMMP. Cumulant silicose et
asbestose, Mr Passat devait rester sous oxygène 20
heures sur 24. Le décès serait du
à un cancer du foie ? qui nous ramène une
fois de plus à la question des maladies dues
à la radio-activité du zircon. Le
Ministère de la Santé reste toujours
silencieux concernant notre demande de recherche
également de ces maladies : cancers du foie, de la
moëlle ossuse, de la tyroïde ...
Le 6 Mai 2009
:
L'ouverture du chantier du CMMP est
évoqué dans Le Magazine de la Santé
sur la 5.
Le 14 Mai 2009 :
Les diagnostics complémentaires
confirment :
- la présence
d'amiante
- la présence d'une
radio-activité jusqu'à 1500
coups/seconde
- la présence de
plomb
et ils exigent, s'il fallait encore le
prouver, la nécessité de la
démolition-dépollution sous confinement
absolu et la nécessité des
équipements de protection individuelle totale avec
adduction d'air pour les intervenants et le
renouvellement d'air en zone avec filtres absolus
à raison de 6 volumes par heure.
Le plan de retrait a été
officiellement déposé le 7 Mai à
l'Inspection du Travail. Les associations en
attendent copie comme convenu.
2000 tonnes de matériaux
amiantés seront envoyés en décharge
classée.
Le 25 Mai 2009, mise en place
prévue des premières machineries,
barraques, tunnel de décontamination et
début du montage des
échaufaudages.
Un bungalow d'information
côté école, entrée du "Saule",
sera installé et le public pourra s'y informer sur
tous les aspects du chantier en cours.
A ce jour, on ne connaît
toujours pas la position du Préfet sur le
confinement extérieur.
Le 18 Mai 2009
:
La chaîne de
télévision tnt CAP 24 parle du dossier de
l'amiante avec projection d'un reportage
sur le CMMP d'Aulnay et
interview du maître d'oeuvre du chantier
(relayé par monaulnay.com ).
Le 10 Juin 2009
:
Le Collectif des Riverains et Victimes
du CMMP adresse une
lettre d'informations aux
riverains de l'usine, suite à l'ouverture du
chantier. En effet, les premiers ouvriers sont en place
et commencent les travaux d'installation des sas de
décontamination, extracteurs de retrait des
gravats contaminés, etc ... C'est un
désamiantage exemplaire que les associations ont
obtenu mais elles resteront vigilantes jusqu'à la
fin du chantier qui devrait se terminer en cours
d'année 2010.
21
Septembre 2009 :
Le chantier de
désamiantage est entré dans sa phase
décisive. La première tranche
(recouvrement du bâtiment C2 longeant l'ancien
cimetière) est en pleine
réalisation. L'échaffaudage est en
place, lesté par de gros blocs de béton -
pas d'encrage au sol pollué - et recouvert de la
bâche de protection de recouvrement ainsi que la
"double peau" thermo soudé assurant
l'étanchéité. Les tunnels de
décontamination sont en place.
La
réalisation du chantier est une très grande
victoire qu'il faut apprécier à sa juste
valeur. C'est la démonstration que lorsque les
citoyens se regroupent, aidés des
spécialistes, scientifiques, associations,
élus, etc
, la victoire est possible. Ce que
nous avons obtenu, c'est l'application de la loi. Pas
moins de 4 ans d'interventions acharnées
auprès de Préfet, Maire (l'ancien) et les
organismes officiels tels STIIIC, ADEME, BRGM,
Ministères, Inspection du Travail, CRAMIF. Tous,
sauf l'Inspection du Travail et la CRAMIF que nous avons
réussi à convaincre, acceptaient le
chantier à ciel ouvert. Ce chantier aurait
été une véritable catastrophe
engendrant les nouveaux malades des prochaines
décennies.
N'est-ce pas un
comble que de se battre pour faire appliquer la loi
auprès d'organismes qui sont là justement
pour la faire appliquer ! " L'enveloppe totale et
étanche à l'air et à l'eau et sous
dépression atmosphérique autour des
bâtiments à démolir ", telle
qu'aucune fibre ne puisse s'échapper n'est que
l'application des règles techniques pour le
retrait d'amiante (arrêté du 14 Mai
1996).
Jusqu'au mois
de Juillet, les associations craignaient la remise en
cause de cette enveloppe. Le chantier ne pouvait
réellement commencer dans sa phase retrait
d'amiante qu'avec l'accord du CMMP, l'ancien industriel
pollueur à qui revient, au regard de la loi, la
responsabilité de dépolluer. Cet accord a
été signé en Juillet avec la
bénédiction de la Préfecture mais la
deuxième partie de la loi " pollueur-payeur " est
bafouée. Le CMMP ne payera, semble-t-il, que 5 %
de la facture alors qu'elle lui revient
entièrement selon le code de l'environnement : "
remettre les lieux en l'état, tel qu'aucun danger
s'y manifeste " ! Si cette situation reste en
l'état, ce sont les contribuables qui paieront.
Les victimes, elles, subiront la double peine :
après avoir payé dans leur chair, voire de
leur vie, la pollution, elles paieront, elles ou leurs
familles, la dépollution !
Ajoutons que
:
- le niveau de
pollution du sol et du sous-sol reste à ce jour
encore une grande inconnue qui pourrait venir s'ajouter
au coût prévisionnel sans changer la facture
du pollueur
- que le CMMP
n'a toujours pas remis les résultats des 70
prélèvements dans le sol pris lors de
l'arrêt de chantier de Novembre 2006 à la
suite de l'intervention de riverains et les
associations
- que
l'existence de fosses enterrant les broyeurs n'a pas
été élucidée
Le CMMP
pollueur a menti (sa
lettre du 21/12/1995),
la préfecture a relayé le mensonge
(sa
lettre du 07/03/1996)
; ils ont ensuite minimisé la pollution. Ce sont
les études demandées par les associations
qui ont révélé jusqu'à 5 600
000 fibres par centimètre carré
déposées sur les charpentes.
Lorsque l'on
voit les mesures de sécurité prises
aujourd'hui sur le chantier par les professionnels, on
mesure l'étendue du mensonge et
l'irresponsabilité des autorités
:
- de 1991
à 2001, le site était ouvert aux 4 vents,
des enfants en avaient fait leur terrain de jeux. C'est
l'intervention des associations qui a réussi
à le faire clôturer.
- En 2004, le "
diagnostiqueur " amiante alertait Préfet et ancien
Maire sur l'imminence du danger ; aucune mesure de
protection provisoire n'a été
prise
Il a fallu la
chute d'éléments dégradés du
toit dans la rue du Trianon (cette chute aurait
très bien pu se produire dans la cour de
l'école maternelle) pour que l'école soit
enfin évacuée, après nos lettres
recommandées au Préfet et à l'ancien
Maire en 2006.
Dans cette
affaire, les associations se sont heurtées
à beaucoup de mauvaise foi, d'où la
satisfaction de voir se réaliser un chantier
modèle où tout ce qui n'était
techniquement pas possible en réunion en
Préfecture le devient. C'était le cas des
soi-disant fragilité de l'enveloppe et obstacle
des pavillons mitoyens, impossibilité d'utiliser
des engins à moteur thermique, de travailler au
mouillé, d'utiliser l'adduction d'air pour les
scaphandres et de travailler en hauteur, etc
Devant ce
chantier, notre pensée va vers les victimes
recensées par les associations (83 malades dont 52
décès) - aucune par les autorités.
Combien d'autres ? C'est notre prochaine lutte : obtenir
du Ministère de la Santé la recherche des
victimes passées, présentes et à
venir. Monsieur le Maire nous a promis l'aide de la
ville.
|
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|
enlèvement des tôles
métalliques sur le bâtiment
C1
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fabrication au sol de l'échafaudage
toiture du bâtiment C2
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installation de la peau extérieure
toiture du bâtiment C2
|
installation de la peau autour des murs du
bâtiment C2
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confinement total du bâtiment
C2
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fabrication de l'échaffaudage sur le
bâtiment B
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bulle sur le bât B et devant au sol
enveloppe toiture du bât C1
|
bâtiment C2 démoli (photos
monaulnay.com)
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29
septembre
à
18 H 40
dans le journal
régional Ile de France de
FR3 : reportage
avec interview de Gérard Voide sur le dossier du
CMMP d'Aulnay-Sous-Bois (lien réalisé vers
le site monaulnay.com)
26 novembre
2009 :
Une
réunion publique à l'invitation des
associations s'est tenue salle Gainville en
présence du Maire et de ses adjoints à la
santé et à l'urbanisme. Tout le monde a
apprécié l'avancée du chantier de
désamiantage-démolition qui se
déroule avec satisfaction. La
démolition du bâtiment C2 (côté
cimetière) a commencé. Il est
constaté une fois de plus que l'enveloppe
extérieure de protection étanche autour des
bâtiments n'est pas un luxe contrairement aux
affirmations des 2 experts du Tribunal Administratif de
Cergy Pontoise (qui n'avaient pas la qualité
amiante) et au rapport du STIIIC (service techique
inter-départemental d'inspection des installations
classées) cf.rapport du 02/07/2005.
3 incidents parmi
d'autres démontrent que le site est truffé
d'amiante, de zircon et sans doute d'autres produits
toxiques :
- Ce
printemps, les professionnels trouvaient de l'amiante
crocidolite s'échappant du toit,
côté rue de Mitry, venue joncher le
trottoir.
- La veille de
la Toussaint, un capteur situé dans le
cimetière enregistrait 8 fibres par litre d'air
d'amiante amosite (la norme est à 5 fibres et
Ban Asbestos préconise 0,5 fibre par litre
d'air tel que le propose d'ailleurs la mission de
l'Assemblée Nationale.
- Mi novembre,
les professionnels trouvaient un paquet d'amiante
crocidolite incrusté à la jonction du
toit et du mur démontrant, s'il le fallait
encore, que non seulement les bâtiments du CMMP
n'ont jamais été étanches (en
infraction avec la loi) mais que l'amiante a
été broyé dans tous les
bâtiments et pas seulement dans l'atelier
prévu à cette fonction.
Ceci n'est pas
étonnant lorsque l'on sait que la production
d'amiante dans les années 1950 était de 500
à 800 tonnes par an générant dans
les ateliers jusqu'à 600 000 fibres par litre
d'air (cf. CIRE), ce qui fit dire aux ouvriers survivants
"à 6 mètres, on ne se reconnaissait pas
tant il y avait de poussière dans l'air des
ateliers".
A la demande des
associations, Monsieur le Maire a promis :
- de
transmettre les documents de chantiers PPSPS sur les
méthodologies des travaux, les annexes du
protocole SEMPAC/CMMP, les résultats des 70
prélèvements dans le sol datant de
2006
- le
rapprochement entre nos avocats
- l'ouverture
du bungalow destiné au public et aux riverains
le samedi et son équipement audio-visuel
permettant de suivre les travaux sous la bulle, de
même que l'installation de l'exposition
retraçant la lutte citoyenne qui a permis ce
chantier.
Le bilan de la
catastrophe sanitaire provoquée par cette usine
qui a répandu de la poussière de 1938
à 1991 reste à faire. Les
associations, seulesl ont recensé à ce jour
85 malades dont 53 sont décédés
à ce jour. La moitié de ces malades
l'a été parce qu'ils habitaient le quartier
et pour certains fréquentaient l'école
à 60 mètres, 30 % parce qu'ils
travaillaient dans l'usine. Ces chiffres ne sont que
la face visible de l'ice berg. Le Préfet avait
promis en 2002 une recherche officielle des victimes
passées, présentes et à venir si une
preuve établissait la relation entre cette
pollution et les malades ; la preuve a été
apportée officiellement en 2007 par la CIRE (InVS)
mais depuis rien ne bouge du côté de la
préfecture ni des ministères, malgré
nos lettres des 18 février et 4 novembre
2009.
Une
motion
au Préfet
a donc été adoptée à
l'unanimité par l'assemblée y compris les
élus présents. Monsieur le Maire, de
son côté, crée un comité de
pilotage sur cette recherche auquel les associations sont
invitées. Les participants ont la ferme intention
de se manifester si la Préfecture continue
à faire la source oreille.
Voir d'autres
compte-rendus sur le site de monaulnay.com
9
décembre 2009
: Article sur l'avancée des travaux de
l'ancienne usine d'amiante (Oxygène
n° 63)
_________________________________________
2 0 1
0
__________________________________________________
|
|
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montage de l'échauffaudage
bâtiment C1
|
montage de l'échauffaudage
bâtiment C1 (côté impasse du
Trianon)
|
Janvier
:
Le chantier de
désamiantage-dépollution-démolition
se déroule comme prévu et selon la
réglementation telle que demandée par les
associations. L'Inspection du travail et les
ingénieurs de la CRAMIF suivent de près son
déroulement (multiples interventions) ainsi que
les associations. Alain BOBBIO représentant les 6
associations est rentré deux fois en zone
confinée :
- cet automne
dans le bâtiment C2 (celui longeant le
cimetière) lors des tests de fumée et de
vérification de l'étanchéité
et du système de dépression
atmosphérique.
- ce mois de
janvier dans le bâtiment B (ancien atelier
d'amiante) où il a vu le
démantèlement de la structure
métallique.
Le
bâtiment C2 a été
entièrement démoli et les entreprises
s'apprètent à démonter
l'échaufaudage (photos ci-dessus de monaulnay.com)
La première tranche des travaux est
achevée.
Le
bâtiment B, mitoyen de l'école, est en
cours de démolition. La toiture en
fibro-ciment a été enlevée et les
ouvriers procèdent au découpage des
structures métalliques, ceci sous confinement bien
entendu.
Le
bâtiment C1, le plus haut situé
côté rue de l'Industrie, est en cours de
montage de l'échaffaudage des murs.
L'opération est nettement plus délicate en
raison de la taille du bâtiment et de sa hauteur et
également parce qu'il est le plus pollué.
Curieusement, en effet, les experts ont trouvé
plus d'amiante dans ce bâtiment que dans l'ancien
atelier d'amiante ! En Novembre dernier, un
dépôt de poussière accumulée
est constaté entre le mur de la façade de
l'impasse du Trianon et le toit et l'analyse
révèlera qu'il s'agit de crocidolite
(amiante bleu le plus toxique).
La
première evacuation des déchets à
teneur radio-active, en big-bag, s'est effectuée
à la décharge de Villeparisis, après
contrôle du laboratoire indépendant CRIIIRAD
proposé par les associations à Monsieur le
Maire. D'autres big-bags restent encore stockés
avant contrôle de la CRIIIRAD.
Les associations
ont obtenu les documents en vue du suivi du chantier :
les comptes-rendus hebdomadaires, le plan de retrait de
l'amiante, du zircon et de démolition des
bâtiments, la méthodoligie de l'installation
des échaffaudages, des bâchages et des
enveloppes étanches pour le bâtiment C2 (la
méthodologie pour les autres bâtiments a
été demandée au maître
d'ouvrage).
Février
:
Deuxième
réunion du Comité de pilotage prévue
le 10 février. Ce Comité a pour but la
recherche des victimes passées, présentes
et à venir de cette véritable catastrophe
sanitaire provoquée par la pollution de l'ancienne
usine du CMMP. Il s'est constitué le
décembre dernier avec la participation des
associations et de l'auteur de l'étude de la CIRE
(cellule inter-régionale
d'épidémiologie d'Ile de France). Le
docteur HALLOUCH est mandaté par Monsieur le
Maire. Y participent également les adjointes
au Maire à la santé et à
l'activité scolaire, le médecin du service
municipal d'hygiène et santé ; d'autres
personnes peuvent être associées.
Il est
prévu d'interpeller les autorités et
particulièrement Monsieur le
Préfet.
|
|
|
enveloppe autour du bâtiment B
(ancien atelier d'amiante)
|
échafaudage autour du bât
C1 et début du bâchage
intérieur (vue côté
cimetière)
|
Mars
L'état
d'avancement du chantier au 10 mars est le suivant
:
bâtiment
B - dépose des bâches terminée
suivi de la dépose et de l'évacuation de
l'échafaudage
bâtiment
C - structure métallique et pose des
bâches externes terminées, pose du
thermosoudé en cours
côté
rue de l'Industrie - enlèvement des fibros
ciment y compris la toiture du bâtiment D et
désamiantage du bâtiment F terminés,
sondage sur le socle en béton et dessouchage en
cours. Les travaux s'effectuent dans cette zone
accompagnés de façon constante par un
contrôle des niveaux de
radioactivité.
Des
dépôts de poussières constatés
sous toiture sur la façade du bâtiment C1,
côté rue du Trianon, ont été
analysés et les résultats ont
indiqué la présence d'amiante de type
crocidolite. Il a donc été mis en place une
protection verticale constituée de polyane pour
protéger les opérateurs chargés de
la pose.
Sur les 44
prélèvements de terre du bâtiment B,
4 sont positifs côté rue de Mitry et les
zones sont donc refermées par du ciment et
repérées pour un traitement
ultérieur sous confinement mobile. Des
prélèvements de terre, sous confinement
actuel dans le bâtiment C1, sont envisagés
afin de connaître les niveaux de
pollution.
Les travaux pour
permettre la réouverture de l'école
à la rentrée de septembre 2010 doivent
débuter au plus tard fin mai.
Avril
Le mardi 6 avril
lors du démantèlement de la dalle du
bâtiment B, les démolisseurs ont mis
à jour des quantités importantes de
crocidolite accrochées au béton sur la face
sous dalle. (voir l'article
paru
page 3 dans le journal municipal). L'amiante est sur
toute la surface du bâtiment à une
profondeur d'environ 80 cm. Les travaux ont
été immédiatement interrompus sur
cette partie du chantier. L'inspecteur du travail et
l'ingénieur de la CRAMIF se sont rendus sur place
le 7 avril au matin. Un constat d'huissier a
été établi.
Cette
découverte n'a pas étonné les
associations qui ont toujours dit que le sous-sol du site
du CMMP était truffé d'amiante. Comment
croire le contraire lorsque l'on sait que des milliers de
tonnes d'amiante ont été broyés sans
aucune étanchéïté des
bâtiments (en violation de l'arrêté
préfectoral) et les portes ouvertes !... Elles
avaient alerté dès 2001 le
Préfet et le Maire de l'époque. 3
fiches techniques demandaient des études
complémentaires dont l'une, la numéro
2, réclamait des carottages en dessous de chacun
des 11 broyeurs connus, à une profondeur de 8
à 10 m, sachant que des fosses enterrées
subsistaient. A l'époque, rien n'a
été fait sinon quelques sondages se soldant
par "quelques traces d'amiante" ! Une deuxième
raison appuyait cette demande : un ancien ouvrier
assurait que l'atelier était en terre battue.
C'est donc délibérément que le CMMP
a comblé sur un lit de sable une dalle de grande
épaisseur par dessus la terre amiantée et
il s'est bien gardé de le dire. Aussi, les
professionnels ont, malgré toutes les
précautions prises, pensé pouvoir
démanteler cette dalle à ciel ouvert. Sans
leur vigilance, les ouvriers et l'environnemrent auraient
pu être encore pollués.
Cette
découverte n'est pas sans conséquences.
Elle peut remettre en cause la rentrée des classes
de l'école du Bourg 2n bousculant le calendrier
des travaux : un curage des terres (100 à 200
tonnes) sous un nouveau confinement va sans doute
être réalisé. Sans compter qu'une
même mauvaise surprise peut se poser dans le
dernier bâtiment C1 actuellement en cours de
démolition sous confinement. Un surcoût
important est à prévoir qui doit être
à la charge du pollueur ayant dissimulé
cette pollutio du sous-sol. La direction du CMMP ne
pouvait pas ne pas savoir, s'agissat d'une PME familiale
dirigée de mères en filles.
Les
associations écrivent au Maire
et
au maître d'ouvrage pour leur demander de
réclamer ces sommes au CMMP pollueur. En Mars
2001, le Collectif des Riverains et Victimes du CMMP et
l'Addeva93 transmettaient à la Préfecture
3
fiches de propositions sur la
pollution
de l'usine qui se confirme donc aujourd'hui.
Etat
d'avancement des travaux au 21/4/10 :
Bâtiment
B : Dallage en cours de dépose, les travaux de
dépose reprendront après accord sur le plan
de retrait. La protection mise en place a
été renforcée
Bâtiment
C1 : Dépose du bâtiment effectué
à 90%, restent les massifs et les murs en
béton en cours de sciage, le reste a
été démoli et évacué,
sondage sous dallage effectué.
Travaux
coté rue de l' Industrie : Vidange du " socle
" et dessouchage terminés, évacuation des
déchets végétaux à
poursuivre.
Reprise de
l'activité en configuration " amiante " pour mise
en big bag des déchets " hors sol "
Les travaux
s'effectuent dans cette zone accompagnée de
façon constante par un contrôle des niveaux
de radioactivité et un étiquetage des big-
bags présentant une radioactivité
supérieure à 150c/s.
M A I

le bâtiment B a disparu et ne
reste que le bâtiment
C1.......................
sacs big-bags de produits amiantés pour la
décharge
Les associations ont visité le
chantier le 5 mai après-midi ainsi que deux
anciens ouvriers (rescapés mais malades). Forts de
la découverte de l'amiante sous la dalle du
bâtiment B (ancien atelier d'amiante), les
professionnels ont pris la précaution de sonder la
dalle du bâtiment C1 (démoli mais
encore
sous confinement).
Ce bâtiment était censé ne pas avoir
traité l'amiante (dixit le CMMP) mais il a
été faite la même découverte
que sous le bâtiment B : de la crocidolite
dissimulée sous la dalle à 60-70 cm de
profondeur. Le démantèlement et le curage
des terres polluées vont occasionner un
2ème surcoût. De plus, l' Inspecteur du
Travail a trouvé, le 22 avril dernier, deux
touffes de crocidolite dans la cour côté rue
de l'Industrie.
Ces découvertes
révèlent un sol et un sous-sol
pollués en profondeur, dépassant largement
la couche de 20 cm de terre à enlever comme cela
est prévu dans le contrat, ce qui occasionnera
donc un 3ème surcoût. Les risques
d'un 4ème surcoût pour cause de
retard dans les travaux, imposant une nouvelle
rentrée dans les locaux provisoires de Sevran,
n'est pas à exclure (montant connu : 1 million
d'euros). Les professionnels ont toujours l'objectif de
tenir le calendrier mais le pourront-ils ?
Les parents d'élèves,
les riverains et les associations sont
préoccupés par le risque d'une
dépollution incomplète des terres
polluées. La tentation peut être
grande, pressée par les délais des travaux
à réaliser avant la rentrée scolaire
de Septembre. HPC Envirotec est chargé de la
recherche de la pollution du sous-sol, tous toxiques,
toutes profondeurs. Le résultat de cette
étude ne sera ne sera connu, au mieux, qu'à
la mi juin ce qui laissera peu de temps pour
l'achèvement des travaux. Une nappe
phréatique est en exploitation à 17
mètres de profondeur ! Et l'on sait que les
toxiques utilisés ne manquent pas : vernis du
temps de la fabrique de meuble (avant le CMMP) ; fuel,
pyrolène, toxique liquide décapant de
peinture Décapex ; amiante tous types ;
déchets de minerais d'amiante
évacués dans les eaux usées ; zircon
trop radioactif dont le CMMP s'est
débarrassé dans la terre ...
Pas plus que sous la dalle du
bâtiment B, le CMMP n'a déclaré
l'amiante dans le bâtiment C1, ni le
dépôt de zircon. Tout a été
dissimulé aux professionnels du chantier. Les
aveux ne se font qu'au fur et à mesure des
découvertes !
Tous ces faits sont de nature à
remettre en cause le protocole d'accord signé
en Préfecture en 2009 qui bloque la
participation financière du CMMP pour les frais de
dépollutilon a à peine 5 % du montant des
travaux (hors surcoûts évidemment).
Déjà ce protocole baffoue la loi (pollueur
= payeur) mais avec les surcoûts à venir,
c'est un véritable scandale ! Les
contribuables d'Aulnay sont priés pour l'instant
de payer l'addition et les victimes subiront la double
peine.
Trop, c'est trop ! la coupe
déborde, d'autant que le code de l'environnement
donnait pouvoir au Préfet, devant la mauvaise
volonté du pollueur, de saisir les sommes sur le
compte de ce dernier et de faire réaliser les
travaux. Tous ces surcoûts considérables
auraient pu être évités si la
Préfecture avait bien voulu écouter les
associations.
Devant les carences des
autorités de tutelle, la Mairie s'est
trouvée contrainte de réaliser la
décontamination-démolition du chantier
(selon la loi sous confinement) sous peine de continuer
à payer encore des millions d'euros pour le
transfert de l'école à Sevran.
Les surcoûts doivent être
payés par le CMMP pollueur qui a dissimulé
la pollution ! Toutes les associations s'y emploieront.
INQUIETUDES
:
Suite aux
inquiétudes légitimes des riverains et
parents d'élèves et les photos de chantier
prises le 3 mai, Monsieur Hamache (chef de chantier) a
donné les explications suivantes :
- Il s'agit de
travaux de mise en big-bag des terres superficielles
côté rue de l'Industrie. La teneur en
amiante ne se trouve qu'au niveau de traces ne justifiant
pas de confinement ou même de brunissage.
L'équipement en combinaison et masque MP3 simple
(sans ventilation assistée) est une mesure de
prévention prise systématiquement lors de
ce type de travaux même si les intervenants ne sont
pas directement en situation en cas
d'exposition
- Les capteurs
autour du chantier ne révèlent pas de
teneur en amiante dans l'atmosphère ; la gestion
(emplacements et analyses) est assurée par un
laboratoire indépendant (les résultats
négatifs des prélèvements d'air sont
consultables au bungalow d'information rue de
Mitry)
- Les zones
délimitées vers les sacs plastiques devant
le silo sont les emplacements ou le zircon radioactif a
été découvert mais la
radioactivité n'est pas telle qu'elle puisse
rayonner alentours ; c'est seulement lorsque l'on respire
directement de la poussière radioactive qu'il y a
danger. Cette découverte du zircon et sa gestion
sont assurées en collaboration avec la CRIIRAD
(laboratoire indépendant que les associations
ont réussi à imposer)
Lettre
adressée au
Préfet de
Seine Saint Denis le 21 Mai 2010 suite aux
récentes découvertes d'amiante et de zircon
et qui vont occasionner des surcoûts qui doivent
être à la charge du CMMP.
Etat d'avancement des travaux au 26
mai 2010 :
bâtiment B : la
dépose du dallage a été
stoppée à la suite de la découverte
d'amiante sous la dalle et un plan de retrait est en
cours d'instruction ; la protection mise en place a
été renforcée.
bâtiment C1 : les
protections des zônes sondées au sol ont
été renforcées ; dépose des
structures d'échafaudage en cours.
Rue de l'Industrie : le
dessouchage est terminé sauf sur les zônes
polluées ; l'évacuation des déchets
"hors sol" est en cours ; reprise de l'activité en
configuration "amiante" pour la mise en big bag des
déchets "hors sol" considérés comme
amianté (les travaux s'effectuent dans cette
zône accompagnée de façon constante
par un contrôle des niveaux de radioactivité
et un étiquetage des big-bags présentant
une radioactivité supérieure à
150c/s ; démolition du bâtiment D
terminée.
Etat d'avancement des travaux au 9
juin 2010 : Démolition
du bâtiment D terminée. Les dallages restent
en place. Le silo est démoli, reste
l'évacuation des gravats (non radioactifs et non
amiantés).
Rappel des procédures en
cours : Un plan de retrait
concernant le traitement des terres du bâtiment B
(extrapolable aux autres zones de terres polluées
en cours de détermination) a fait l'objet de
remarques de la part de l'inspection du travail. Afin de
compléter les sondages effectués par HPC
envirotec et pour mieux préciser l'impact sur les
terres concernant les pollutions à l'amiante et au
zircon, des carottages supplémentaires vont
être effectués. Les
prélèvements supplémentaires seront
analysés la semaine du 28 juin au 3 juillet et les
résultats obtenus courant de la semaine suivante.
Sur les bases de ce rapport et de sa cartographie, la
quantité de terres à traiter sera
déterminée (la semaine du 19 juillet) par
SETEC et CMS.
Travaux en cours : Après
accord sur le plan de retrait des terres sous le
bâtiment B, afin de traiter les zones de dallages
cassés ou la présence d'amiante crocidolite
est avérée, la dépollution sous
confinement en cours de montage peut se dérouler.
Il en est de même sous les dallages du
Bâtiment C1 ou de la " crocidolite " a
été diagnostiquée..
Mesures environnementales :
Tant que les travaux sur le site se dérouleront,
les mesures environnementales seront poursuivies à
proximité des zones de travaux tous les jours
ouvrés.
Deux courriers adressés au
Maire d'Aulnay-Sous-Bois sur la suite du chantier de
décontamination (le 28
juin et le
30
juin 2010).
OCTOBRE
IL FAUT TERMINER LE
CHANTIER DE DESAMIANTAGE-DEPOLLUTION DE L'ANCIENNE USINE
D'AMIANTE DU VIEUX PAYS D'AULNAY S/ BOIS.
C'est par ces
mots que le Collectif des Riverains et Victimes du CMMP
d'Aulnay commence son courrier aux riverains de
l'ancienne usine :
"Le
désamiantage-déconstruction des
bâtiments est terminé. Le chantier s'est
déroulé sous confinement extérieur
global étanche à l'air et à l'eau,
comme le veut la loi et en dépit des obstacles et
objections officielles. 5 ans de batailles et de
pressions auprès des Ministères,
Préfecture, Inspection du travail
pour
obtenir la simple application de la loi. Ainsi les
ouvriers du chantier et les riverains ont
été protégés.
Ce n'était
pas du luxe. Rappelons que :
- l'ensemble des
bâtiments était truffé d'amiante
(jusqu'à 5 684 000 fibres par centimètres
carré sur les charpentes (étude
Véritas de 2006)
- la
découverte d'amiante en duvet dans le grenier du
bâtiment côté sur de Mitry,
transporté par les oiseaux et jonchant le sol du
trottoir
- la
découverte d'amiante en poussière
compressée sous la toiture du bâtiment
côté impasse du Trianon
- la
découverte d'amiante sous les dalles des ateliers,
pourtant signalé de longue date par les
associations. Cette dernière découverte en
mai 2010 a déclenché une nouvelle
procédure en justice de la part de la
Municipalité (maître d'ouvrage) afin de
faire payer le coût du chantier au CMMP pollueur
qui a dissimulé cette pollution. Les associations
viennent d'être acceptées dans cette
procédure et participeront aux opérations
d'expertise ; elles répondront à la
convocation de l'experte sur le site le 19 octobre
2010.
Dernier
problème, et de taille, la pollution du site en
sous-sol :
La
procédure en justice a bloqué le chantier
déclenchant la nomination d'une nouvelle expertise
(la 26ème !). Les associations ont suivi le
chantier tout au long de son déroulement. Des
rapports de bonne collaboration se sont noués avec
le maître d'uvre. Il n'en a pas
été de même avec les maîtres
d'ouvrage réticents à nous communiquer les
documents pourtant seuls moyens d'un réel
contrôle. L'étude de la pollution du
sous-sol a néanmoins été remise aux
associations le 17 septembre 2010. Elle confirme que
:
1. le sol est
truffé d'amiante sur la totalité de la
surface du site (6140 m2) et ce jusqu'à 3
mètres de profondeur. Question : peut-être
plus ?
2. La
poussière de zircon radioactif est présente
en surface comme le confirme le laboratoire
indépendant CRIIRAD que nous avions proposé
dès le départ. Curieusement, il n'a pas
été recherché le zircon en
profondeur. Question : pour quelle raison ?
3. D'autres
polluants (prévisibles nous l'avions dit) sont
également présents dans le sol en
profondeur
a. des
hydrocarbures (dans 6 échantillons sur 8)
côté rue de Mitry comme rue de l'Industrie
à 1,5 et 2,5 mètres de
profondeur
b. des PCB
(polychlorobiphényles) côté rue de
Mitry à 50 cm dans le sol
c. des ETM
(éléments traces métaux) plomb,
cuivre, nickel, zinc, mercure, cadmium, jusqu'à
1,40 mètre de profondeur côté rue de
Mitry et à 3 mètres côté rue
de l'Industrie.
Quelle solution
retenir pour la dépollution du sous-sol
?
1.
l'enlèvement des terres polluées, soit 3
mètres de profondeur sur 6 140 m2 de surface
générerait des tonnes à mettre en
décharge classée ; les professionnels
avancent un coût financier démesuré.
Question : aurions-nous la certitude d'une absence de
pollution au-delà des 3 mètres de
profondeur ?
2. Solution
envisagée par les professionnels : mise à
niveau du sol à la même altitude
(différentes hauteurs actuellement),
enlèvement de 30 cm de profondeur de terre
seulement et pose d'un " géotextile ",
matériau censé faire bouclier et rôle
de grillage d'alerte, et apport de terre propre (à
priori pas de construction mais si édification
d'un immeuble pas de fondations en sous-sol mais sur
pilotis). Questions : quelle garantie d'efficacité
de ce " bouclier ", quelle intégrité dans
le temps ? le coût moindre évoqué ne
peut être un critère de choix, même si
dans l'état actuel, ce sont bien les Aulnaysiens
qui paieront l'addition ! l'étude, nous
l'apprenons, est basée sur un projet municipal de
" plateau multisports associé au groupe scolaire
Bourg ".
3. Les
associations ont demandé :
a. De
chiffrer l'enlèvement des terres
polluées
b.
D'envisager, faute de mieux, et de chiffrer une
solution " sarcophage " qui emprisonnerait
définitivement la pollution du sous-sol avec :
une surveillance des gazs et mouvements des eaux
souterraines, une mémorisation sur documents
officiels de la pollution emprisonnée, une
information claire et visible au public sur le site
même et une restriction de l'utilisation du
site
c. De sonder
le sous-sol de la cour de l'école. Quelle que
soit la solution de réhabilitation
employée (dalle béton ou autre), les
parents d'élèves et les enseignants
doivent savoir ce qu'il y a sous leurs pieds
d.
D'établir une procédure pour
sécuriser les personnels fossoyeurs et le
public du cimetière mitoyen lors d'ouverture
des tombes, le sous-sol du cimetière qui n' a
pas été sondé est à coup
sur pollué (8 fibres d'amiante par litre d'air
ont été enregistrées par un
capteur à la Toussaint 2009). Des
précautions s'imposent (des anciens
travailleurs du cimetière sont parmi les
victimes).
Sur toutes ces
questions, nous n'avons toujours pas de
réponses.
Dans tous les
cas, les solutions à trouver doivent faire l'objet
d'un consensus le plus large possible entre les
élus, les professionnels, les associations, les
parents d'élèves, les enseignants et la
population, après concertation et débat.
Le temps presse :
l'école provisoire fatigue tout le monde et les
bâches posées sur le sol du CMMP ne peuvent
constituer une sécurité durable.
Le comité
de pilotage : La Municipalité a pris la
décision de cette création à
laquelle se sont jointes les associations, en vue de
rechercher les victimes, assurer un suivi médical
des populations exposées et entreprendre un devoir
de mémoire.
Les associations
s'inquiètent déjà :
- La rencontre
Maire/Préfet en juin dernier n'a rien
donné
-
L'Académie refuse de donner la liste des
élèves de l'école du Bourg qui
permettrait un travail de recensement
Les bonnes
volontés ne manquent pas côté Mairie,
associations, professionnels de santé ; même
la Haute Autorité de Santé préconise
ce recensement.
Mais il faut des
moyens : payer un chercheur, ouvrir les archives, etc ...
Les élus,
professionnels, associations, sont convenus de rencontrer
ensemble l'Agence Régionale de la Santé qui
détient les clefs du problème. La
décision est politique. La liste des victimes
s'allonge.
Les associations
recensent 93 malades (54 sont
décédés) la moitié
contaminée pour avoir habité dans le
quartier. 23 sont des malades du
mésothéliome (cancer très rare de la
plèvre provoqué par l'amiante), d'autres
sont des maladies provoquées par des radiations
nucléaires (cancers des os, du foie, des ovaires,
de la prostate, de la tyroïde, des sinus) avec pour
cause le zircon ?
Combien faut-il
de malades et de morts pour décider les officiels
?
La lutte
continue, nous comptons sur vous.
Vous pouvez nous
adresser vos suggestions, vos soutiens par mails, fax ou
téléphone. Egalement vos dons à
l'ordre de Ban Asbestos France, ou des timbres, à
adresser à N. Voide, 21 rue du Commerce, esc. 5,
94310 Orly.
Nous sommes
à la disposition des victimes et personnes
exposées pour une aide administrative et
judiciaire. Déjà 50 familles sont
indemnisées ou en cours de l'être.Contactez
nous."
NOVEMBRE
Participation des
associations au Comité de Pilotage le 10 novembre,
à une réunion en Mairie le même jour,
à une première réunion d'expertise
sur la pollution sous la dalle du bâtiment B et
dans le sous-sol le 15 novembre 2010.
Point de la
situation
1. recensement
des victimes : les Associations ont rappelé
leurs demandes à l'ARS (Agence Régionale de
la Santé dépendante du Ministère de
la Santé) de la nécessité d'un
budget de 85 000 euros correspondant à deux
années de travail de chercheur en sociologie de la
santé en vue de recenser les victimes de la
pollution de cette usine (passées,
présentes et à venir) et le suivi
médical gratuit des populations exposées.
Un budget de 60 000 euros au titre de 2010 semble pouvoir
se dégager à l'ARS. Nous demandons qu'une
convention soit signée entre l'ARS et le
Groupement de Scientifiques de l'Université de
Bobigny spécialiste en sociologie de santé
publique et professionnelle. Nous suivons de près.
Les associations ont, par ailleurs, écrit à
Monsieur EVIN, Directeur Général de l'ARS,
afin de solliciter un entretien. En effet, en dehors des
questions budgétaires se pose l'intervention
officielle pour débloquer le véto de
l'Académie qui refuse de transmettre les listes
des élèves des écoles du Bourg du
temps de la pollution et l'autorisation de croiser ces
listes avec le fichier de la Sécurité
Sociale avec l'accord de la CNIL. Rappel : les
associations réclament ce recensement depuis 2001
et avaient obtenu la promesse du préfet en 2002
!...
2. Situation
du chantier : l'expertise en cours doit
déterminer s'il y a eu dissimulation de la
pollution par le CMMP. Pour nous, il n'y a pas
l'ombre d'un doute, outre la découverte de
l'amiante sous la dalle du bâtiment B (ancien
atelier d'amiante), la même dissimulation a eu lieu
sous la dalle du bâtiment C1 où le CMMP
prétendait ne jamais avoir traité
l'amiante. Les associations ont demandé
à la Mairie de prévoir une extension de la
plainte à ce bâtiment C1. De même, le
dépôt sauvage enterré de zircon
radioactif côté rue de l'Industrie. Tout
cela, le CMMP s'est bien gardé de le signaler dans
le protocole signé le 2 juillet 2009 sous la
houlette du Préfet, dans lequel ne figurent pas
également les résultats des 70
prélèvements dans le sol effectués
en 2006 et qu'il a dissimulés également au
Juge du Tribunal Administratif de Cergy Pontoise en 2007.
Après 30 sondages dans le sol, dont 50 %
contiennent de l'amiante du site et certains
jusqu'à 3 mètres de profondeur, des
recherches par excavations par bandes de plusieurs
dizaines de mètres et par couches successives sont
prévues pour évaluer le degré de
pollution du sous-sol.
Il est donc trop
tôt pour que l'experte se prononce sur les
différentes méthodes de dépollution
des terres, ce qui conditionne le retour des
élèves de l'école du Bourg et les
destinations possibles du terrain du site. Prochaine
réunion d'expertise le 11 janvier 2011
(réunion reportée
à une date ultérieure non connue à
ce jour)
_____________________________________________________2
0 1 1___________________________
Janvier
Une extension de
l'expertise a été demandée afin de
l'étendre sous la dalle du bâtiment C1, en
plus du bâtiment B. Les travaux de recherche de
pollution dans le sol, qui avaient commencé, ont
donc été interrompus par l'experte qui
devrait rendre son rapport normalement le 15 juillet
2011. Cette extension a été acceptée
par le Tribunal et les travaux de recherche vont donc
redémarrer. Mais la rentrée des classes
2011-2012 est très compromise. Les parents
d'élèves sont très mécontents
d'autant que l'école provisoire se
dégrade.
Le 8
janvier a eu lieu une deuxième rencontre entre
Ban Asbestos France et une délégation
japonaise composée d'un
épidémiologiste environnementaliste, d'un
philosophe, d'un médecin et d'un géologue,
très intéressés par notre
expérience sur le chantier du CMMP. Nous leur
avons exposé l'affaire en détail,
l'historique des luttes menées depuis 16 ans et
nos amis nous ont posé de nombreuses questions,
nos problèmes se rejoignant avec leur propre
combat contre l'amiante au Japon.
le 19 janvier
s'est tenue la réunion du Comité de
Pilotage avec la présence du professeur Marc
Mathieu (chef du service pneumologie à
l'hôpital Robert Ballanger) qui a
déjà soigné de nombreuses victimes
du CMMP. Nous venons d'obtenir une grande
victoire, résultat de 12 années de
lutte depuis notre première demande au Ministre de
la santé, MonsieurKouchner, en date du 20/10/1998
!... : LA RECHERCHE DES VICTIMES DU CMMP passées,
présentes et à venir et le SUIVI MEDICAL
des populations exposées sont
lancés. Une convention a été
signée entre l'ARS (agence régionale de la
santé représentant le ministère pour
l'Ile de France) et le groupement scientifique de
l'université de Paris 13 (GISCOP) à
Bobigny. Un budget de 60 000 euros a été
débloqué, un recrutement démarre
pour réaliser une "étude de
faisabilité", première étape vers 2
à 3 ans de "recherche active".
Le 27
janvier s'est tenue une réunion publique
organisée par Deltaville, le maître
d'ouvrage missionné par la Commune d'Aulnay, afin
de faire le point sur la situation du chantier et ses
actions judiciaires en cours pour faire payer les
responsables de la pollution environnementale, le CMMP
pollueur et les pouvoirs publics qui ont laissé
faire. Les différents avocats (dont celui des
associations) ont pris la parole à tour de
rôle. Vous pouvez visionner la vidéo
réalisée par Deltaville qui a
été passée à cette occasion
ICI.
Nous avons, pour notre part, résumé les 16
ans de lutte des associations ayant permis d'envisager
l'aboutissement d'aujourd'hui :
5 ans de bataille
pour obtenir le dossier CMMP et déjouer le
mensonge de l'industriel relayé par la
préfecture.
5 ans de bataille
pour obtenir l'étude de l'InVS prouvant la
responsabilité de la pollution de l'usine dans les
maladies de l'amiante à Aulnay.
5 ans de bataille
à tenir tête aux officiels et aux experts
qui voulaient faire une démolition à ciel
ouvert qui aurait contaminé une fois de plus tout
le quartier.
Reste à
faire payer le pollueur qui, avec la complaisance des
autorités, n'a déboursé à ce
jour que 400 000 euros sur une facture de 10 millions,
voire 12 millions d'euros.
Restera à
trouver un consensus le plus large possible entre les
officiels, les professionnels et la population, afin de
dépolluer ce terrain truffé d'amiante, de
zircon radioactif, de PCB, d'hydrocarbures et autres
métaux toxiques.
février
2011
REUNION
D'EXPERTISE DU 8 FEVRIER SUR LE SITE CMMP
D'AULNAY-SOUS-BOIS : Les opérations n'avancent pas
vite, il devient évident pour tous que la
rentrée scolaire 2011-2012 ne se fera pas à
l'école du Bourg II. Le rendu du rapport de
l'experte interviendra au mieux le 15 juillet si toutes
les opérations techniques se déroulent en
temps et en heures sans contestation, puisqu'il s'ait
d'une procédure
contradictoire.
Restera à intervenir le jugement et ensuite les
travaux de dépollution dont personne aujourd'hui
ne peut en connaître l'ampleur. Des
prélèvements ont été
réalisés par le laboratoire
indépendant CRIIRAD, en attente de
résultats. Une deuxième entreprise est
retenue pour évaluer le " coût/avantage " de
l'enlèvement du zircon. Après discussion
serrée, 2 études seront
réalisées :
Une
étude " coût/avantage " selon la
destination prévue du terrain : voie
d'accès, circulation dépose minute pour
l'accès à l'école, plus
square.
Une
étude " coût/avantage " pour une
destination immeuble ou lotissement d'habitations.
C'est-à-dire l'option maximum demandée
par les associations qui considèrent qu'il j'y
a pas pour la commune à accepter une
restriction pour cause de pollution du sol
Une étude
de la configuration du terrain sur sa totalité
avec " relevé altimétrique " (les
bâtiments B et C1 étaient également
en surélévation) est prévue
également.
Résultats
des prélèvements sur excavation
réalisés le 21 janvier 2011
:
Dans un premier
carré de 1 mètre sur 1 mètre
1ère
couche à 20 cm : prélèvement
n° 1 = crocidolite (amiante bleu) ;
prélèvement n° 2 = chrysotile et
crocidolite ; prélèvement n° 3
= pas d'amiante.
2ème
couche 20/40 cm : Prélèvement n° 4
= pas d'amiante ; Prélèvement n° 5
= crocidolite ; Prélèvement
n° 6 = crocidolite.
3ème
couche 40/60 cm : Prélèvement n° 7
= pas d'amiante.
Dans un
deuxième carré de 1 mètre sur 1
mètre
1ère
couche 20 cm : Prélèvement n° 8 =
pas d'amiante ; Prélèvement n° 9 =
crocidolite
2ème
couche 20/40 cm : Prélèvement n° 10
= amiante/ciment. Arrêt suite à un
problème technique.
Conclusion
: au moins 5 prélèvements sur 10
contiennent de l'amiante confirmant les
prélèvements carottages de cet
été, soit 50 % des sondages qui en
contiennent. Deux autres sondages sont prévus pour
dépasser la couche béton à certains
endroits et atteindre vers 1 mètre la terre
naturelle. Les résultats proviennent du
laboratoire BJL. Restent à venir les mêmes
analyses provenant des prélèvements (pris
en double) par le laboratoire d'ITGA. Toutes ces
études doivent parvenir aux parties avant la
prochaine réunion prévue sur site fin
mars.
mars
2011
REUNION DU
COMITE DE PILOTAGE LE 30 MARS. Actualisation du bilan
des victimes du CMMP recensées par les
associations.
108 malades de
l'amiante dont 62 décédés : 59
contaminés par exposition environnementale, 26
contaminés qui travaillaient dans l'usine, 14
contaminés par un membre de la famille travaillant
dans l'usine, 9 ont subi de multiples pollutions par le
CMMP et ailleurs.
Maladies :
13 cancers bronco-pulmonaires, 18 asbestos, 45 plaques
pleurales, 26 mésothéliomes (cancer
très rare de la plèvre). Une famille,
à elle seule, cumule 13 victimes. 13
pathologies probablement dues au zircon radioactif
(leucémies, myélomes, cancers du foie, des
ovaires, de la prostate, de la thyroïde, des sinus
...). Certaines victimes cumulent plusieurs
maladies.
Ce sombre bilan
suscite la colère contre ce qu'il faut bien
appeler la délinquance des industriels et la
complaisance des autorités à leur
égard.
Seule
satisfaction : l'étude de
"faisabilité" (première étape
d'une grande étude d'envergure pour assurer un
suivi médical des populations exposées
à la pollution de cette usine du CMMP, rechercher
les victimes passées, présentes et à
venir ...) est lancée depuis le 15 mars. Les
associations suivront de près les
différentes étapes de cette étude
dont les conclusions sont prévues pour la fin de
l'année. Le Comité de pilotage doit se
préoccuper dès maintenant du financement de
la suite.
Rappel :
les personnes souhaitant des renseignements sur les
expositions à cette pollution peuvent nous
contacter à l'adresse mail suivante :
voide@aliceadsl.fr
avril
2011
A la demande de
GISCOP 93 de Bobigny (groupement scientifique de
l'université de Paris 13), les associations onts
fourni la liste (anonyme) de 108 cas recensés
actualisés le 30 mars. Cette liste va permettre
entre autre à localiser (par une croix) sur une
carte les domiciles des malades autour de l'usine
CMMP.
mai
2011
Le 16 mai a eu
lieu une nouvelle rencontre de Ban Asbestos France avec
une délégation japonnaise. Il
s'agissait cette fois de deux personnes atteintes d'une
maladie pulmonaire causée par la poussière
d'amiante d'une usine située en face de leur
domicile. Usine cinq fois plus grande que celle du
CMMP et qui fabriquait des tuyauteries en
amiante-ciment. Un autre militant, investi dans le
social et la santé, les accompagnait. Environ 300
malades ont été recensés autour de
cette usine au Japon : 1/3 atteints de
mésothéliome, 1/3 atteints d'un cancer
bronco-pulmonaire et 1/3 atteints d'asbestos. Une visite
a été organisée à Aulnay sans
entrer sur le site CMMP dont l'accès est interdit
tant que l'expertise judiciaire en cours n'est pas
achevée. Nous avons pu néanmoins
expliquer les 16 années de lutte et tourner autour
du site visible depuis la rue de Mitry, le
cimetière et la rue de l'Industrie. Une
discussion s'est par ailleurs engagée avec des
riverains qui restent vigilants.
L'expertise du
site CMMP en cours :
Aucune nouvelle
à ce jour pourtant prévue fin
mars. Néanmoins, nos 3 associations ont
demontré, preuves à l'appui, que
:
- la pollution du
sous-sol est consécutive à
l'empoussièrement massif lors de la production de
1937 à 1990.
- la pollution
à l'amiante dans le sol (de 0 à 3
mètres) s'explique aisément par les
conditions d'exploitation que nous avons pu
reconstituer.
- le CMMP a
minimisé l'ampleur de la pollution du sol, voire
l'a dissimulée.
Nous insistons
pour :
Que soit
recherchée la pollution au zircon (radio-actif)
en profondeur.
Que soit
étudiées toutes les hypothèses
d'utilisation futures du terrain.
Que la
présence d'eau en sous-sol ne justifie pas une
restriction d'usage, les techniques de constructions
actuelles permettant de construire en
sous-sol.
Que le code de
l'environnement s'applique y compris pour le sol :
"obligation à l'industriel pollueur de remettre
les lieux en l'état tel qu'aucun danger s'y
manifeste".
Que les
opérations de dépollution des terres se
déroulent hors de la présence des
élèves du Bourg II et garantissent
contre l'envol de toute poussière vers
l'extérieur.
juin 2011
Le 9 juin
s'est déroulée une réunion
d'expertise sur le site CMMP. Il en ressort que le
sous-sol de cette ancienne usine d'amiante ne sera pas
dépollué. L'experte travaille
désormais sur la base du projet municipal à
savoir l' agrandissement du groupe scolaire y compris sur
le parking existant et la construction d'un jardin
d'enfants. Ainsi la zone du site CMMP côté
rue de Mitry serait destinée à
l'aménagement d'un parking et d'une circulation
"dépose minute" pour l'école. La zone
côté rue de l'Industrie serait
réservée au mieux en espace vert mais plus
vraisemblablement à la construction de maisons de
ville. De fait, la Municipalité s'engagerait
à ne pas construire côté rue de
Mitry, la pollution restant sous une couche de macadam,
et demande l'étude d'une couche de béton
côté rue de l'Industrie sur laquelle
reposeraient des maisons de ville.
Les associations
avaient demandé la dépollution totale et
l'étude "coût-avantage" de toutes les
hypothèses d'utilisation du terrain, incluant
jusqu'à la construction de bâtiments avec
sous-sol (techniquement réalisable même en
terrain avec circulation d'eau souterraine ce qui est le
cas). Ce ne sera donc pas examiné.
La
Municipalité accepte la restriction d'emploi sur
ce terrain, ce que nous voulions éviter
:
- pour ne pas
hypothéquer l'avenir urbain du quartier
- pour respecter
le Code de l'Environnement : "remettre en l'état
tel qu'aucun danger s'y manifeste"
- pour faire
payer la dépollution au CMMP au nom du principe
pollueur/pollueur.
Au nom de la
real-politique, rien de tout cela ne sera
réalisé et nous avons même de bonnes
raisons de douter, en dépit des procédures
en justice, de voir le CMMP payer la
dépollution.
Néanmoins,
les associations resteront vigilantes jusqu'à
l'échèvement de l'expertise prévue
en septembre prochain.
Ce qui est
envisagé :
Le terrain sera
nettoyé en surface, une couche de 30, 40
centimètres, voire 1 mètre pour le
nivellement, sera enlevée. La zone de
dépotoire de zircon sera enlevée, quant
à elle, sur un carré de 5 mètres sur
5 et à la profondeur nécessaire pour
retrouver la radioactivité normale "bruit de
fond". Autrement dit, service minimum !
La
rentrée à l'école du Bourg
s'envisage raisonnablement pour septembre 2012 mais
l'on n'est pas à l'abri de surprises lors des
travaux d'autant que personne n'a jamais voulu prendre
en compte de l'existence de fosses et autres volumes
creux maintes fois signalée par les
associations.
A suivre
...
Expérience de la lutte
à Aulnay
Ce dossier relate
l'expérience de deux individus, seuls au
départ, aidés par Ban Asbestos France puis
par tout un collectif d'associations. Il s'agit d'un
véritable mouvement citoyen qui s'est
créé face à la convergence de
différents facteurs s'enchaînant au fur et
à mesure du temps, à la motivation,
à la volonté, à l'acharnement et qui
a fait se rallier de plus en plus de gens venant
d'horizons différents sur les mêmes
objectifs, avec leur sensibilité propre. Cette
expérience de lutte est d'une extrême
richesse, une force d'invention et d'action capable de
tenir tête aux experts et aux spécialistes,
comme c'est le cas.
Cette bataille a
nécessité :
Un véritable travail de
fourmi de la part de la soeur et du beau-frère
de Pierre, pour la recherche d'informations
- auprès des riverains du
site non décontaminé (à partir
des noms des riverains pétitionnaires contre
les nuissances de l'usine en activité,
recherche sur le bottin téléphonique des
personnes toujours présentes en cette
année 1996, contacts
téléphoniques, porte à
porte)
- au service du cadastre en Mairie
détenant un dossier sur les usines
déclarées insalubres et dangereuses, des
archives municipales pour la compilation des
compte-rendus des conseils municipaux (relatant mot
à mot les séances des élus et
à la disposition de tout citoyen quelque soit
son lieu de résidence)
- à la préfecture de
Seine-Saint-Denis
- aux archives du journal local Le
Parisien
- aux archives des pompiers de Paris
(un incendie ayant eu lieu en 1962)
- par des courriers au STIIIC
(service technique interdépartemental
d'inspection des installations classées d'Ile
de France), aux ministères de la santé,
du travail et de l'environnement.
Un travail de donneurs d'alerte
auprès de toutes les personnes concernées
avec l'aide sollicitée ou spontanément
apportée par :
- les militants des
associations
- la directrice de l'école
maternelle (convaincue à la lecture des
premiers documents que son école se trouve
à côté d'une sorte de bombe
à retardement)
- les avocats des associations,
compétents et chaleureux, ne demandant pas
d'avance de frais sur les demandes d'indemnisations,
pour les victimes de l'amiante, faites tant
auprès du FIVA (fonds d'indemnisation des
victimes de l'amiante) ou auprès du TASS
(tribunal administratif de la Sécurité
Sociale) pour les reconnaissances en maladie
professionnelle ou pour les plaintes au pénal ;
c'est seulement sur les sommes gagnées qu'ils
prennent leurs honoraires (conditions
déterminantes sans lesquelles les actions en
justice n'auraient pas pu être
envisagées).
- le tout premier article de presse
dans la revue mutualiste "Viva", suivi par la presse
locale "Le Parisien" puis par la presse nationale de
radio et de télévision.
- La saisie de la CADA
(Commission d'Accès aux Documents Administratifs)
35 rue Saint Dominique 75007 Paris (Tél. 01 42 75
79 99) afin que Mairie et Préfecture autorisent la
consultation du dossier et la réalisation des
photocopies désirées. En effet, la loi du
17 Juillet 1978 relative aux relations des citoyens avec
leurs administrations fait obligation à ces
dernières de laisser consulter et photocopier
(moyennant finances) les documents administratifs
désirés (à l'exception du secret
défense ou industrielle ou la vie
privée). En cas de refus de la part de
l'aldministration publique, c'est donc la CADA qui
arbitre et son accord est un véritable
sésame.
L'organisation de réunions
publiques pour débloquer la situation face aux
autorités.
En retour, de nouvelles
forces se sont jointes à la bataille :
- les parents d'élèves
(LIPE et FCPE) qui contactent le coordonnateur du
dossier qui n'est autre que le beau-frère de
Pierre, Gérard Voide, l'invitent à une
de leur réunion pour expliquer aux parents les
dangers actuels de cette usine fermée en 1991
mais non décontaminée et pour leur
parler de la méthode de démolition
à respecter dans un tel cas.
- Aulnay Environnement
- des élus municipaux,
départementaux, régionaux
- le Conseil Général
du 93.
Résultat :
naissance du collectif de 6
associations en 2004 qui ont toutes la volonté
d'agir pour exiger la prise de mesures immédiates
de protection pour les enfants de l'école
maternelle mitoyenne et les riverains et pour une
décontamination/déconstruction des
bâtiments dans les règles de
l'art.
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